Serez-vous l'un des notres? Ou ferez-vous partie de ceux qui ont été amenés illégalement sur nos Terres?
 

Partagez | 
 

 Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy

Aller en bas 
AuteurMessage
Lizzy V.Tolkien

avatar

Messages : 90
Date d'inscription : 17/12/2014

MessageSujet: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Dim 31 Mai - 18:08

Nightmare

Lizzy toucha le front de son père et soupira d'un soulagement certain, sa fièvre avait chuté elle était rassurée mais en même temps, elle ne voulait pas qu'il ouvre les yeux, elle ne voulait qu'il voit ce qu'ils avaient fait à leur village et même à toutes les contrées voisines.
Ces barbares avaient tout pris, ils avaient pillé leur village, volé l'innocence de certaine jeune fille, égorgé des pères sous les yeux de leurs enfants, et ils l'avaient fait avec un tel sourire que Lizzy en avait la nausée.
Lorsqu'ils étaient arrivés dans la maison de la jeune Tolkien ils n'y étaient pas allés par quatre chemins et quand son père s'était interposé pour protéger sa fille, son précieux trésor, le soldat qui était entré l'assomma avec un telle force qu'il était tombé dans les pommes, et son vieux père ne s'en était toujours pas remis, ils en avaient même rit lorsqu'ils l'avaient vu dans son lit en sueur, lorsqu'ils étaient venus les marquer comme on marque les animaux.. Ils en étaient réduit à l'état de bétail.
Lizzy avait passé la nuit aux côtés de son père et elle savait que cette attitude en temps de guerre était purement égoïste, il y avait des blessés graves et elle restait là, à dorloter son père qui s'en sortirait sûrement très bien tout seul.
Coupable de s'être enfermée et d'avoir fermé les yeux sur la souffrance des autres, Lizzy attrapa ses affaires, et sortit de chez elle..
Son regard, assombrit par la tristesse et la douleur, se posa alors sur la rue déserte... Où était les enfants ? Les familles ? Qu'était devenu les rires et la joie ?
Tout avait disparu, les familles avaient tellement peur qu'elles restaient chez elles, les rideaux étaient tous tirés en cette triste mais belle matinée, il faisait bon dehors, le soleil brillait étrangement trop pour ces temps de pur horreur.
Elle était à peine sortie qu'ils étaient déjà là, les soldats noirs, ils faisaient peur à voir, et si les villageois n'en étaient réduit qu'à un matricule, eux n'étaient réduit qu'à un nom, l'armée noire, les ennemis.

-Veuillez décliner votre identité, tonna l'un d'entre eux.

Lasse, Lizzy présenta son bras qu'il attrapa brutalement, la faisant gémir de surprise, elle croisa alors cette lueur de plaisir sadique dans le regard de cette enflure, elle aurait voulu l'empoissonner sur le champs, dommage, elle n'avait pas les plantes nécessaire..

-Bien, vous pouvez circuler, mais on vous garde à l'oeil...

Il lui lâcha le bras nonchalamment, et la bouscula d'un coup d'épaule, au plus ça allait au plus elle les haïssait, eux, leurs sourires sadiques et ces regards moqueurs...
Elle grinça des dents, depuis quand était-elle si en colère ? Elle ne savait même pas qu'elle était capable de ressentir une quelconque haine avant aujourd'hui, et elle s'excusait milles fois auprès de sa mère pour l'avoir fait, mais elle ne pouvait pas rester de marbre face à de telles ordures, son cœur avait choisi de les détester jusqu'à songer à leur mort, et c'est le genre de sentiment qui ne disparaît pas, qui reste à jamais graver dans un cœur, dans une âme.
Dégoûtée, elle alla toquer à chaque porte, demandant à ses voisins, ses amis, s'ils avaient besoin d'aide, elle n'avait pas dit qu'elle était médecin aux occupants adverses parce qu'elle se serait retrouvée à soigner des hommes sans égards, sans reconnaissance, et elle aurait fini par leur cracher à la figure...
Après avoir fait un petit tour et avoir aidé ceux qu'elle avait pu aider, elle continua sa petite marche, se souvenant douloureusement de ce que c'était avant.
Elle sillonna les rues, et eut un pincement au cœur lorsqu'elle croisa certain corps sans vie, sur ces derniers, elle posa des fleurs blanches, retenant difficilement ses pleurs.
Posant une nouvelle fleur sur un corps inerte, elle fut attirée par des gémissements, quelqu'un pleurait. Se rapprochant de l'origine des sanglots, elle tomba nez à nez avec Ilana qui pleurait près du corps de sa mère, les genoux baignant dans le sang de cette femme qu'elle ne connaissait que trop bien.

-Ilana, tu ne dois pas traîner dans les rues seule aussi tard.. N'oublie pas qu'ils rôdent, murmura-t-elle en posant une main sur l'épaule de l'adolescente.

Lorsque leurs regards se croisèrent, son cœur se brisa, sa douleur était si vive qu'elle avait su lui transmettre, Lizzy savait ce que cela faisait de perdre une mère alors qu'on a qu'une quinzaine d'années, mais elle ne pouvait laisser l'adolescente ici, elle savait que ce n'était pas prudent de se promener seule dans les rues d'autant plus si on est une jeune fille.

-Vient, j'te ramène, je dirais que tu es ma sœur et que tu as disparu pendant l'attaque.

Lizzy entraîna la jeune fille par le bras qui la suivit sans un mot, cette enfant n'avait plus rien, elle n'avait que la douleur des pertes, son père était mort alors qu'elle n'avait que deux ans, et voilà qu'elle perdait sa mère de la plus horrible des manières, elle se doutait bien qu'il resterait des séquelles à tout le monde et à tout jamais, la guerre change les Hommes, elle change les coeurs.
Et alors qu'elle pensait être en paix, ils étaient là, Ilana essuya ses sanglots d'un revers de la main, et le sourire diabolique qui se dessina sur le visage des trois soldats qui approchaient lui fit froid dans le dos et cette ruelle sombre n'aidait pas terriblement.

-Auriez vous par hasard oublier le couvre feu Mesdemoiselles ? Quelles dommages, on va devoir vous punir pour ça...

Au moment il attrapa Ilana, Lizzy comprit ce qu'il voulait dire par punir, et avant même qu'elle n'ait pu s'interposer les deux autres soldats s'emparèrent de Lizzy.
Les deux jeunes filles se mirent à crier à l'aide mais personne ne viendrait, Lizzy le savait, elle se débattait comme elle pouvait alors que les larmes inondaient son visage, elle hurlait, elle le suppliait d'arrêter, mais c'était trop tard, cet ordure avait coincé la petite adolescente contre un mur, elle tremblotait, les yeux rougis par les pleurs récemment versés, qui se déversaient de nouveau sur ses joues, et lui, il jubilait cet enfoiré.
Lizzy les insulta de tout, en ignorant complètement les deux hommes qui la retenaient, l'obligeant à assister à ce spectacle des plus écœurant.
C'est tout ce qu'il demandait de toute évidence, qu'elle souffre, sans plus attendre, il déchira le haut de la robe de la jeune fille, qui cria de surprise, retenant les pans de sa robe, il en profita pour détacher son pantalon, et bien trop rapide il rattrapa l'enfant qui tentait de fuir, et il releva le bas de sa robe tout en caressant avec une lenteur monstrueuse la jambe d'Ilana qui pleurait toute les larmes de son corps, elle était figée par la peur et ce en dépit de son dégoût profond.
Lizzy se sentait défaillir, cette fille était réellement comme une petite sœur pour elle, et on l'obligeait à voir ça, à le vivre..
Tout ce dont elle avait besoin maintenant c'était une aide, elle ne pouvait pas voir ça, c'était faux, c'était un cauchemar, un vrai cauchemar auquel elle ne survivrait pas.
Elle ferma les yeux, refusant d'assister à cette horreur, mais sa haine et sa douleur redoublèrent lorsqu'elle l'entendit hurler alors qu'ils riaient, fier d'eux et cruels, ils aimaient ça, voir des larmes perler de leur yeux, détruire les femmes..
Si seulement elle était arrivée plus tôt, si seulement elle avait de quoi s'échapper, si seulement elle n'était pas aussi... Faible..
Ce fut la seule vérité qui lui sauta aux yeux quand elle y pensait, c'était de sa faute, parce qu'elle n'était pas assez forte pour sauver celle qu'elle considérait comme une soeur..
C'en était assez, il fallait que ça s'arrête. Maintenant.


l#ccffffl

Lizzy V.Tolkien
« Color my life with the chaos of trouble.» ©️ Joy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Grey Olve

avatar

Messages : 33
Date d'inscription : 08/04/2015

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Ven 12 Juin - 13:33


Quand la haine s'empare du peuple
Ambiance

Andarésia n'était plus la même, depuis que les armées noires avaient envahis nos rues. Où étaient passés les rires et les cris des enfants? La moindre petite ruelle était déserte, et les gens se confinaient chez eux, poussés par la peur de perdre des proches ou pire encore...! Ils étaient tout bonnement effrayés par la simple idée de traverser cette place, qu'ils avaient autrefois tellement piétinés, et qui aujourd'hui, leur évoquait la mort. C'était là... Là que l'on pendait ceux qui tentaient de résister. C'était là qu'on décapitait tout ceux qui avaient ne serais ce que protesté...! Il y avait tant eu d'affreux massacre, sur cette place, qu'elle inspirait désormais la terreur dans l'esprit de chacun. Comme si le lieu lui même avait sentis ses changements, elle était devenu beaucoup plus... sombre, beaucoup plus lugubre! Il y avait cette odeur de sang qui en imprégnait chacun des pavés, et ce parfum de mort qui flottait littéralement dans l'air. C'était étrange... Étrange de voir à quel point les choses peuvent changer.

Je me souvenais être déjà venu, ici. Une seule et unique fois. Et pourtant, c'était largement suffisant pour se rendre à quel point le village était différent. Malheureusement, c'était devenu chose commune. C'était partout pareil, ou presque, et rares étaient ceux ou celles prêt à se battre pour reprendre leurs biens. Beaucoup avaient trop perdus pour ressentir ne serais ce qu'une once de courage, et la plupart d'entre eux en avaient assez de voir des horreurs. Certains habitants de villages nous avaient même repoussés, quand nous étions intervenus pour les sauver, par crainte des représailles. Ce qui, il fallait le dire, avait plutôt bien compliqué les choses.

Sauf qu'aujourd'hui, je comptais bien faire mon devoir en tant que capitaine de la garde. Ma supérieur n'étant plus, j'étais le seul qui avait encore l'autorité et le grade nécessaire pour intervenir. Du moins, le seul encore en vie... Cela faisait maintenant deux jours que nous étions arrivés et que nous campions non loin d'un village. Même si j'aurais préféré interféré au plus vite, nous étions peu nombreux, et il nous fallait être prudent. Je reculais lentement puis me retournais enfin et me faufilais jusqu'au groupe.

«Tout se passe comme prévu. Vous connaissez le plan. Draï, Beck, vous prenez le flanc sud. Hord, Maggie vous allez au nord. Robin et James, vous irez à l'ouest. Et moi et Lish, on s'occupe de l'est. N'oubliez pas, une fois les gardes éliminés, vous planquez au mieux les corps. Normalement, il ne devrait en aucun cas y avoir d'autres soldats noirs, mais on ne sait jamais. Et il ne faudrait pas qu'ils tombent sur les corps de leur camarade, ou ils sonneraient immédiatement l'alerte. Soyez les plus discret possible.»

Je me tournais ensuite vers le plus jeune d'entre nous, un adolescent d'à peine une quinzaine d'années. Il avait lourdement insisté pour faire partie de l'opération.

«Erik, tu seras chargé d'accueillir les rescapés avec les autres et de les faire monter dans les carrioles.Normalement, on devrait en avoir assez pour tous le monde, ce n'est pas un très grand village. Mais fais bien attention à ce que la panique ne fiche pas tout en l'air.»

Puis m'adressant au groupe tout entier, j'inspirais longuement.

«Faites bien attention à ce qu'ils n'emporte rien de trop encombrant avec eux. Nous ne pouvons pas nous permettre de déménager chacun des habitants. Les femmes et les enfants d'abord. Si vous vous retrouvez face à l'un de ces hommes bêtes, fuyez. Et si vous ne pouvez pas, alors faites de votre mieux pour l'occuper. Sur ce, bonne chance à tous. Dispersez-vous.»

J'attendis que chacun aient disparus de mon champ de vision pour vérifier une dernière fois mon équipement Je lancer un dernier regard à Lish, et nous nous dirigions aussitôt vers notre point d'approche. Nous étions sur place depuis déjà quelques minutes, quand un cri résonna non loin de là. Il me fallut peu de temps pour comprendre ce qu'il se passait. Si ces scélérats n'étaient pas là où on les attendait, c'est parce qu'ils avaient trouvés de quoi s'occuper en chemin. Je fis signe à mon camarade de me suivre, et me glissais dans l'ombre d'une ruelle, me dirigeant d'un pas souple vers l'origine du cri qui avait un peu plus tôt percé la nuit. D'un geste de la main, je fis comprendre à Lish qu'il devait faire comme moi. Je sautais alors et attrapais le rebord d'un toit bas pour aussitôt me hisser dessus. Je courrais sur les tuiles, et dégainais mon épée alors qu'une première flèche fendait l'air. Alors qu'elle se plantait profondément dans le crâne de l'un des deux types qui maintenait une jeune femme, je bondissais de mon perchoir et transperçais celui qui se trouvait sur le point d'un violer une autre. La pointe de ma lame s'était arrêté juste avant de s'enfoncer dans la chair de l'innocente.

Sans plus attendre, je dégageais mon épée du corps inerte et repoussais ce dernier avant de tendre une main à l'adolescente pour l'aider à se relever. D'un mouvement souple du poignet, j'envoyais quelques couteaux de lancé se planter dans les chairs du dernier des trois soldats.

«Lish...! Occupe toi de...!»

J'écarquillais les yeux en apercevant le rebelle qui m'avait accompagné. Une corde avait été noué autour de son cou, corde qu'il n'arrivait pas à défaire, et dont il ne pourrait de toute façon pas se libérer. Le dernier regard qu'il m'adressa me rappela à quel point il était douloureux de perdre des compagnons. Ses lèvres s'entrouvrirent sur une syllabe qu'il ne réussit même pas à prononcer jusqu'au bout, tant la corde qui lui enserrait la gorge le tirait vers la mort. En s'engageant dans la rébellion, chacun de nous savait ce qui l'attendait, et moi-même, j'avais rapidement compris que les morts seraient nombreux. Mais je refusais de voir mes hommes mourir devant moi.

Prenant appuie sur une caisse au pied du mur, je m'élançais et refermais mes doigts sur le rebord du toit. Je montais aussitôt sur ce dernier, et tendais brusquement la main pour attraper le bras de Lish quand je le vis subitement disparaître devant mes yeux. Son corps alla s'écraser au sol dans la rue juste derrière, au pieds de types dont la sombre armure reluisait sous les rayons de la lune. Un juron m'échappa, et ses quelques mots qui avaient quittés mes lèvres n'échappèrent pas aux soldats qui venaient de se jeter sur le corps du rebelle.

«Il y en a d'autres, de l'autre côté de la rue! Thérion, vas-y!»

Je jurais de plus bel et me laissais glisser le long du toit pour atterrir souplement au sol. Je me retournais brièvement vers les deux villageoises et leur indiquais de me suivre avant de me dirigeais droit vers la sortie de la ruelle en courant. A peine l'avais-je quitté qu'une impressionnante silhouette apparaissait sur ma droite. Obligé de changer de direction au dernier moment, je freinais aussitôt et  d'un coup d'épaule, je repoussais les deux femmes avant de me pencher vers l'arrière. La masse d'arme du minotaure venait brusquement de s'abattre sur le sol, juste entre moi et les deux inconnues. Mes doigts se refermèrent immédiatement sur la poignée de mon épée que je dégageais de son fourreau, un léger chuintement venant vibrer à mes oreilles. J'abaissais brutalement mon arme, un cri de rage m'échappant, et entailler profondément la chair de mon adversaire, celui-ci mugissant de douleur. Mon regard trouva alors celui de l'innocente au cheveux blanc.

«Partez! Allez jusqu'à la frontière Sud du village, vous trouverez les autres!»

J'évitais de justesse un second coup, roulant sur le côté, puis me relevais et attirais l'attention du minotaure sur moi. Son arme fendit le sol à moins d'un mètre de moi, m'offrant ainsi l'occasion que je cherchais. Je bondissais aussitôt, mes pieds venant prendre appuie sur cette arme démesuré qui avait du être expressément fabriqué pour ce mastodonte. En quelques enjambées, je me retrouvais debout sur le dos de l'animal qui se mit aussitôt à s'agiter, cherchant à me happer. Il n'eut pas le temps de faire quoi que se soit de plus cependant, que la lame de mon épée s'enfonçait pleinement dans son crâne. Titubant, son corps vint brusquement s'écrouler au sol, m'offrant ainsi la possibilité de retrouver pieds avec la terre ferme. Maintenant, il ne me restait plus qu'à retrouver les deux jeunes femmes.    


© Nightmare sur Épicode.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lizzy V.Tolkien

avatar

Messages : 90
Date d'inscription : 17/12/2014

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Sam 20 Juin - 11:29

Broken from the inside

Au moment où Lizzy pensait que tout était perdu pour elles, où elle songeait à cesser la bataille, laissant ses larmes couler le long de ses joues elle sentit qu'on la relâchait.
Une mèche de ses cheveux tomba au sol, alors que ses yeux s'écarquillèrent de surprise, le sifflement de la flèche l'avait momentanément paralysée, elle n'y croyait pas, elle n'y croyait plus.
Sous ses yeux, elle le vit s’effondrer, il s’affaissa sur Ilana qui cria sous le coup de la surprise, ses pleurs ne s'apaisèrent pas pour autant.
Reprenant peu à peu la raison, Lizzy recommença à se débattre et le coup de pied qu'elle assena à son assaillant l'emplit d'une certaine joie, c'est tout ce qu'il méritait.
Elle s'extirpa de sa poigne, et maintenant affaiblit, elle sursauta quand des couteaux vinrent lui mordre la chair, elle n'était pas encore habituée à tant de brutalité, toujours légèrement mortifiée elle jeta un coup d’œil à leur sauveur et elle se précipita vers Ilana quand il l'interpella.
Une corde enserrait son cou, il ne pouvait plus respirer.. Lish ? C'était bien son nom ?
Lorsque son camarade voulut le rejoindre, et qu'il disparu, Lizzy ne put s'empêcher de gémir tout en cachant ses mains dans son visage, elle ne voulait pas imaginer ce qu'il adviendrait de cet homme qui avait les meilleures intentions du monde.

-Lizzy... sanglota Ilana tout en s'approchant comme si la jeune femme était sur le point de se briser, telle une poupée de porcelaine qu'il faut manier avec soin.

Et avant même que l'adolescente n'ait pu poser sa main sur Lizzy, cette dernière releva la tête vers celui qui venait de leur sauver la vie, il leur indiquait de venir, de le suivre, Lizzy ne savait plus à qui faire confiance, mais qu'importe, il fallait qu'elles s'en aillent.
La jeune femme attrapa l'enfant, et l'entraîna à sa suite, elle avait du mal à suivre mais cela ne l’étonnait pas des masses, après tout elle venait de se faire violer, et c'était assez compliqué pour elle d'être complètement dans l'action.
De même, Lizzy était légèrement distraite et elle remerciait le ciel de s'être mangée l'épaule du jeune homme, l'effet avait été tout bonnement bénéfique, le monde avait maintenant la pleine attention de la jeune femme, qui eut un second mouvement de recul lorsqu'elle aperçut le minotaure, et cette masse qui avait failli les broyer.
Lizzy plaça Ilana derrière elle, et elle jeta un coup d’œil à leur bienfaiteur qui n'attendit pas plus longtemps pour attaquer l'affreuse bête.
Leur cri résonnèrent et se mêlèrent, puis il la regarda, il la commanda comme le chef qu'il était, elle acquiesça d'un mouvement de tête, et s'enfuit à toute jambe, tenant toujours Ilana par la main, plus jamais elle ne les laisserait lui faire du mal. Plus. Jamais.
Alors que les deux jeunes filles venaient de s'embarquer dans une course folle pour sortir, Lizzy eut la mauvaise idée de ralentir lorsqu'il les coinça au détour d'une ruelle.

-Lizzy ! Il faut qu'on fasse demi-tour ! Maintenant !

La jeune femme n'entendit rien des cris et des pleurs de son amie, elles n'auraient jamais le force pour quitter la ville en fuyant éternellement, elle lui adressa un superbe sourire, les larmes aux coins de ses yeux scintillaient d'une drôle de lueur.

-Fuis Ilana, va-t'en, je te rejoindrais plus tard, assura-t-elle d'une voix douce.

Ilana ne percuta que lorsque Lizzy se saisit d'une barre en fer qui traînait là, elle voulut la rattraper, mais son cri s'étouffa sous ses pleurs alors que la silhouette de la jeune femme s'éloignait d'un pas lent mais aussi lourd que menaçant.
Lorsqu'il fonça brutalement sur elle, son choix fut d'attendre, il n'avait certainement pas vu l'arme improvisée qu'elle tenait dans sa main avec laquelle elle pourrait se défendre, ce n'était rien d'autre qu'une défense.
Elle glissa gracieusement, la pensait il stupide à ce point ? Esquivé et sans défense elle planta le bout de ferraille dans l'abdomen du garde, elle avait fait appel à toute sa force pour se faire, et elle le regarda, droit dans les yeux, il n'y avait plus de larmes, il ne restait qu'une colère noire, profonde au point de la confondre avec de la haine.
Du sang s'écoula de ses lèvres, alors qu'elle le maintenait debout, lorsqu'elle arracha son arme de son corps il s'effondra à ses pieds et une vaste flaque de sang s'étala.
Le métal claqua sur le sol, il vibra, alors qu'elle trembla légèrement..
Tétanisée face à ce qu'elle venait de faire, ses yeux emplit d'une peur sans nom tombèrent lourdement sur ses doigts recouvert de ce sang... De son sang.
C'était au tour de l'adolescente d'entraîner la jeune femme vers leur point de fuite, vers leur liberté.
Lizzy regarda alors la main d'Ilana enserrée autour de son poignet, elle lui avait pourtant dit de fuir alors pourquoi était-elle restée ? La pauvre enfant pleurait encore, elle le savait, mais elle avaient encore un peu de chemin à faire avant d'arriver à la frontière.
Lorsque son regard aperçut la sortie du village, elle entendit un garde crier, ils se lançaient à leur poursuite, au même moment où Ilana s'écroula emportant Lizzy dans sa chute, les deux jeunes femmes roulèrent à terre.
Mais Lizzy n'en démordait pas, elle attrapa Ilana, et l'aida à se redresser, l'enfant était à bout de nerf, elle n'en pouvait plus, elle était quasi inconsciente.

-Je t'en prie, me lâche pas maintenant, supplia Lizzy tout en portant sa camarade jusqu'à la sortie, espérant secrètement que les autres en question fassent leur apparition.


l#ccffffl

Lizzy V.Tolkien
« Color my life with the chaos of trouble.» ©️ Joy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Grey Olve

avatar

Messages : 33
Date d'inscription : 08/04/2015

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Ven 28 Aoû - 14:47


Quand la haine s'empare du peuple
Ambiance

A peine avais-je posé le pied au sol qu'une flèche siffla à mon oreille, une seconde venant s'enfoncer dans le cuir de mon armure. Je me retournais vivement et évitais habilement les deux autres flèches avant de foncer dans la ruelle d'où je venais. Sans attendre, j'y récupérais les couteaux de lancés que j'avais utilisé un peu plus tôt sur le cadavre de l'un des gardes, me retournant et les envoyant aussitôt sur l'archer qui m'avait suivis jusqu'au bout de la rue, et qui s'était planté là pour prendre le temps de me viser. La pointe de sa flèche, et l'une de mes lames s'entrechoquèrent, tandis que les deux autres trouvaient respectivement leur place dans son épaule et dans sa gorge. Je n'attendis pas plus longtemps, et alors qu'il venait de s'effondrer au sol, j'allais récupérer mes armes sur son corps encore agité de soubresauts.

Quittant les lieux, je tentais de me faufiler aussi discrètement que possible dans l'ombre des autres rues. Je pénétrais dans une première demeure , me hissant à l'intérieur par l'une des fenêtres et intimant le silence aux occupants de la pièce. Je leur expliquais brièvement la situation, et aussitôt, ils se préparèrent, allant chercher les plus jeunes enfants dans la chambre d'à côté. J'eus le temps de faire ainsi quelques maisons avant qu'une autre silhouette me barre la route. J'étais à l'intérieur d'un bâtiment, et j'exhortais un homme et sa femme à en sortir, quand j'entendis le cri d'alarme d'une autre personne.

Je n'avais malheureusement pas fait attention, et la plus âgé des enfants était sortis en portant avec elle l'un de ses frères. Je me ruais à l'extérieur juste à temps pour voir le corps de l'adolescente s'effondrer, une lame la traversant de part en part alors que le garçon était déjà au sol, les yeux pleins d'effrois fixés sur celui qui venait de tuer un membre de sa famille. Je dégainais aussitôt mon épée et me jetais sur le garde qui para sans grande difficulté. J'eus à peine le temps de voir le couple s'éloigner en laissant là leur fils que mon adversaire contre attaquer. J’enchaînais à mon tour les coups et les parades, ne lui laissant pas le temps d'avertir les autres, et trouvais enfin une ouverture. Je le poussais du plat du pied, son armure l’entraînant au sol et le condamnant. La lame de mon épée s’enfonça dans la visière de son casque, un craquement et un gargouillis familier retentissant alors.

Sans plus attendre, je rangeais mon arme et attrapais le bambin qui était resté planté là, pétrifié de peur, pour reprendre ma course. Dans le village, la confusion régnait, l'ambiance était presque chaotique. De ci de la, on entendait des cris apeurés, ou ceux de ceux qui tentaient de fuir. Les gardes avaient visiblement sonnés l'alarme, et même si j'estimais en avoir déjà éliminé une bonne partie, étant donné qu'il s'agissait d'un simple village, mieux valait être prudent. Je continuais du mieux que je pouvais l'extraction des habitants, en songeant qu'Erik et les autres seraient capable d'en sauver les trois quart.

~ ~ ~

Les habitants ne tardèrent pas à arriver. Les premiers furent deux jeunes femmes, visiblement à bout de force, et à bout de nerf, toutes les deux poursuivies par quatre gardes. Cachés entre les feuillages des arbres, ou dans l'ombre de la foret non loin qui signait les limites du village, les archers tendirent leur arcs, prêt à tirer, attendant simplement le bon moment. Une dizaine de flèches fusèrent, certaines passant au travers du filet, et rencontrant les points faibles des sombres armures. Les quatre hommes s'effondrèrent, et Erik, accompagné par d'autres, sortirent de leur cachette pour rejoindre les deux inconnues qu'ils poussèrent bientôt un peu plus loin, dans l'une des carrioles. Le gamin, pas plus âgé d'une quinzaine d'années, prenaient son rôle très à cœur.

Il aida tout ceux qu'il pu aider, poussant les maigres bagages de certains, ou trouvant une place pour les plus jeunes et les plus innocent, ici ou là. En à peine quelques minutes, les carrioles furent pleines et il ne restait plus que deux autres personnes en compagnie de l'adolescent, veillant sur le dernier chariot où les premières arrivantes reposaient, regroupées avec d'autres qui se mirent à piailler d'impatience.

«Erik, faut qu'on y aille! En restant ici plus longtemps, on prends le risque qu'ils nous trouvent, et on est que trois...!»

«C'est hors de question! Grey n'est pas encore la, il va arriver!»

C'est ce moment là que je choisis pour enfin apparaître entre les arbres, essoufflé et du sang couvrant ma cuirasse, le bambin toujours entre les bras. Je vis alors un large sourire étirer les lèvres d'Erik, sourire qui s'effaça à la vue du liquide poisseux qui s'était mis à couler le long de mon bras.

«Grey... T'es touché...»

«Plus tard! On a pas le temps!»

Sans plus rien ajouter, je tendais l'enfant à l'un des occupants de la carriole qui le récupéra, avant de me tourner vers mon cheval et de me hisser dessus.

«On y va!»

Peu de temps après, le dernier convoi se mit en route. J'ouvrais la marche, tandis que l'adolescent manœuvrait le chariot et que les deux autres se retrouvaient à l'arrière. Bien que rien ou presque ne s'était déroulé comme prévu, le résultat final était bel et bien là.    


© Nightmare sur Épicode.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lizzy V.Tolkien

avatar

Messages : 90
Date d'inscription : 17/12/2014

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Lun 31 Aoû - 18:32

Triste mélodie

Étrangement, Lizzy n'avait jamais autant compté sur les Dieux pour qu'on lui vienne finalement en aide. Ses jambes lui faisaient terriblement défaut, chaque pas étaient un peu plus lourd que le précédent, à croire que ses chaussures étaient de plomb.
Une vive douleur la déchirait juste au dessous de ses côtes, et l'air semblait refuser d'aller et de venir. La fatigue physique grappillait peu à peu de terrain sur sa volonté de vivre. Ou celle de ne pas mourir, on ne pouvait pas vraiment faire la différence.
Sa poigne se fit plus glissante, sa main poisseuse l'empêchait de s'accrocher convenablement au poignet de l'adolescente dont elle préféra ne pas imaginer les souffrances. La fatigue se propageait en elles comme un poison mortel, un poison qui lui brûlait les veines et les poumons.
Son sang battait toujours plus fort dans ses veines, et le battement de son cœur résonnait en elle comme un écho lointain. Ce n'était pas fini, ça ne pouvait pas se finir.
Pas comme ça...
Le sifflement des flèches calma le feu qui se répandait en elle, le « boum-boum » irrégulier de son cœur s'envola comme un lointain souvenir, elle entendit alors la guerre qui faisait rage autour d'elle. Certains disent que la guerre est un art... Tu parles d'un art, l'art d'une cacophonie brutale qui prend d'assaut tous vos sens, une confusion rythmée par le martèlement des pas des soldats et du cliquetis de leur lourdes armures de fer, une chanson funeste qui obéit aux tintements des épées et aux cris des plus meurtris.
Ses yeux observent, mais elle a l'impression de voir à travers les yeux de quelqu'un d'autre, à travers les défunts. Des yeux pâles, tristes et vides. Tout est si lent et pourtant à la fois si rapide.
Ils étaient là. Leurs sauveurs. A bout de souffle, Lizzy savait qu'elle se serait effondrée sans l'aide de ces jeunes hommes. Trop jeune songea-t-elle en voyant celui qui était venu en aide à Ilana.
Les carrioles n'attendaient plus qu'elles. Elles et les autres réfugiés qui tardèrent à arriver, à moins que Lizzy ait perdu la notion du temps... Parce qu'elle avait l'impression de l'avoir perdu, elle avait beaucoup perdu même.
La tête de l'adolescente se posa tout à coup sur son épaule, elle était à bout de force, et son cœur se serra en voyant le sang séché sur sa robe.
Souillée...
Une voix inconnue s'était introduite dans sa tête, à moins que ce ne soit la sienne ? Elle ne savait pas.
Les doigts cristallins d'Ilana vinrent trouver les mains écarlates de Lizzy, seule preuve de son péché, elle avait retiré son souffle à cet homme, et là bas ne restait que les lambeaux de ce qui s'était brisé en elle. Son regard maternel se posa sur la blondinette, au vu du rythme régulier de sa respiration, Lizzy comprit qu'elle s'était endormie... Peut-être que s'évader au pays des rêves était une bonne idée après une telle course, mais elle ne sentit pas la poigne de la jeune fille se desserrer dans sa main. Elle avait besoin de sentir une présence.

-Dort bien, souffla-t-elle contre le front de l'enfant, sur lequel elle déposa un chaste baiser.

Les autres étaient arrivés bien plus vite qu'elle ne s'y était attendue. Elle comprit alors que c'était sa vision des choses qui étaient différentes... Sa notion du temps et de l'espace même était nouvelle.
La fumée, les cris, les pleurs... Si elle avait pu, l'odeur âcre de la peur l'aurait elle aussi inondé, tout comme les derniers survivants... Elle songea à son père, à sa mère, puis à cet homme. Elle songea à la Vie, puis à la Mort.
Les carrioles avancèrent subitement, tirant Lizzy de ses songes. Elle redressa la tête, et jeta un coup d’œil curieux aux autres... Celui qui était venu les recueillir avait pris la tête de la colonne, à sa suite, une file indienne de carrioles remplies de survivants, de fuyants... De lâches.
C'était lâche et égoïste. Elle s'était sauvée en laissant son père là, en l’abandonnant à son triste sort. Un poison âcre se répandit dans sa bouche. Le goût du dégoût, et celui du mépris. Un poison qu'elle s'était administrée seule, par la simple force de son jugement.
Une goutte tomba sur le dos de sa main, tournant son regard azur vers le ciel, elle remarqua les sombres nuages qui pesaient au dessus de leur tête, mais le ciel ne pleurait pas encore toutes les vies envolées et dérobées... Portant sa main à sa joue, Lizzy comprit alors qu'elle était en train de pleurer. Pourquoi la vie avait-elle un goût aussi aigre en bouche ? Pourquoi l'air paraissait-il lourd ? Pourquoi les larmes roulaient le long de ses joues ?
Tant de questions auxquelles elle ne saurait trouver la réponse, Lizzy n'était plus, elle était brisée et les morceaux cassés étaient éparpillées dans la ville qui s'éloignait, comme un lointain souvenir. Comme un écho, la chanson sinistre revint une seconde à ses oreilles puis plus rien. Seule la fumée noire restait, se répandant comme un nuage macabre au dessus des corps inertes, s'élevant comme les âmes, finalement libres, ne laissant que les spectres d'un village autrefois, vivant.
Le jeunot força un peu l'allure, et le regard de Lizzy se posa sur le nouvelle horizon qui s'offrait à elle.

-Hey... C'est quoi ton nom ?

-Euh... Ah, il ne s'attendait pas à ce qu'on lui parle... Je suis Erik. fit-il avec plus d'assurance.

-Merci Erik. merci pour tout et au nom de tous.

Ce silence de mort plongeait Lizzy dans une certaine solitude trop lourde à porter, elle était éreintée et pourtant le sommeil ne voulait pas l'accueillir. Le silence avait été suffisamment long à son goût.
Il faudrait aussi qu'elle pense à remercier celui qui ouvrait la marche... Grey ?
Elle avait été distraite lorsqu'ils s'étaient tous réveillés...  Lorsqu'elle était redescendue sur Terre. Elle se rappela vaguement qu'il était touché, et tapota sur l'épaule du gamin... Quinze printemps tout au plus.

-Je ne sais pas si vous avez un médecin; mais je peux prodiguer des soins en cas de besoin... Même pour lui.

Elle montra le jeune homme d'un mouvement de tête. Oui même lui elle pouvait le soigner. Une blessure, une plaie, oui elle savait cicatriser ça, elle savait soigner.
Par contre, elle ne pourrait réparer ces êtres brisés, elle ne pourrait pas raccommoder leur âme, ni cicatriser l'être écorché qu'elle était devenue.
Lizzy savait soigner, mais elle ignorait comment réparer ce qui s'était cassé.


l#ccffffl

Lizzy V.Tolkien
« Color my life with the chaos of trouble.» ©️ Joy


Dernière édition par Lizzy V.Tolkien le Sam 5 Sep - 11:07, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Grey Olve

avatar

Messages : 33
Date d'inscription : 08/04/2015

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Sam 5 Sep - 10:53


Quand la haine s'empare du peuple
Ambiance

Erik avait beau tenter de se faire passer pour un adulte, pour un homme comme les autres, il n'en restait pas moins un tout jeune adolescent, que la vie n'avait pas encore eu l'occasion de confronter aux charmes d'une dame aussi agréable à voir que celle qui venait de lui adresser la parole. Un peu perturbé au départ, le gamin s'empourpra légèrement au remerciement, baissant les yeux sur sa selle tout en souriant en coin.

«Euh... Ben de rien, m'dame. J'ai fais qu'mon boulot en tant que recrue.»

Avec un sourire presque béat sur les lèvres, le garçon laissa glisser une main sur sa nuque tout en détaillant le cuir du filet qu'il tenait entre ses doigts. On n'aurait pu lui en vouloir d'avoir un tel comportement... Même si il avait vu, même si il savait ce qu'il se passait, il restait un enfant, et même si ce n'était qu'un mécanisme de son esprit de lui faire oublier les horreurs de la guerre pour le maintenir dans cet état, l'insouciance... La légère naïveté dont il faisait preuve était parfois la bienvenue. Cela pouvait déplaire à certains... Mais c'était l'une des choses qui faisait que Grey l'avait choisis. Relevant les yeux sur la jeune femme aux cheveux blanc, le jeune homme haussa les sourcils en entendant ses mots. Son regard glissa alors lentement vers l'avant du chariot où l'elfe avançait tranquillement, hissé sur son cheval, ne jetant même pas un coup d’œil sur son épaule d'où coulait le sang.

«Il ne s'arrêtera pas avant qu'on arrive au point de ravitaillement, dans quelques heures. On verra à ce moment la. Mais c'est sympa, merci. On risque d'en avoir besoin.»

Un bref silence s'installa, silence que l'adolescent rompit en prenant de nouveau la parole. La discussion se fit plus légère. Comme si Erik cherchait à son tour à faire oublier les atrocités de ce qui l'entourait.

~ ~ ~

Cela faisait maintenant quatre longues heures que nous avancions sans relâche. Aucune pause n'avait été admise. Le point de ralliement n'était plus très loin maintenant, et dans à peine une heure ou deux, le soleil se lèverait. Il nous fallait aller un peu plus vite. Je forçais le pas, entraînant les autres à ma suite, et plissais un peu les yeux à la recherche de l'endroit qui allait nous accueillir quelques temps. Il ne me fallut que peu de temps pour le retrouver, et prendre sa direction. Nous nous arrêtions quelques minutes après devant ce qui était un vieux et grand manoir. Abandonné depuis le début de la guerre ou presque, les lieux avaient longtemps servis de planque à un groupe de rebelles. Jusqu'à ce qu'ils se fassent éliminer lors de l'une de leurs intervention. C'est à ce moment là que j'avais eu l'idée d'en faire l'un de nos points d'attaches.

Je descendais de mon cheval, grimaçant de douleur alors que mon épaule me tiraillait, et faisais signe aux autres de me rejoindre. Erik resta sur place, le temps que que j'aille faire un peu de repérage avec mes deux autres hommes, dire de vérifier que personne n'était entré durant notre absence. C'était heureusement le cas. Je ressortais du manoir le dernier, et alors que je venais tout juste de mettre un pied en dehors, je me sentis vaciller. Je me rattrapais de justesse au mur, et restais un moment ainsi, comme cherchant à rétablir mon équilibre, avant de lever les yeux vers les trois soldats qui m'accompagnait.

«Faites les descendre, et installez les sur les deux étages.»

Profitant qu'ils m'obéissaient pour m'éloigner un peu et me laissais tomber sur le sol, je farfouillais dans une sacoche en cuir attaché à ma cuisse, à la recherche de mon médicament. J'en sortais une seringue que je relâchais parce que tremblant, et que je me forçais à récupérer tout en venant me pencher vers l'avant. Une fois certain de l'avoir bien en main, je venais brusquement en planter l'extrémité dans ma cuisse. Presque immédiatement, l'effet du remède se fit sentir. Je cessais de trembler et peu à peu, je reprenais le contrôle sur ma respiration. Revenant vers les autres presque aussitôt, j'aidais les villageois à trouver une place dans les nombreuses pièces du manoir et à s'installer le plus confortablement possible. Pendant ce temps, Hord et Maggie commencèrent à faire le tri dans la nourriture que l'on avait emmagasiné dans la chambre froide, distribuant au mieux les rations.


© Nightmare sur Épicode.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lizzy V.Tolkien

avatar

Messages : 90
Date d'inscription : 17/12/2014

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Sam 5 Sep - 19:09

Soigner les blessures

Le jeune garçon se justifia tout simplement, c'était son travail... Et le travail de Lizzy c'était de veiller sur la santé des autres, et ce Erik avait l'air de se porter à merveilles... Mis à part la gêne que Lizzy avait inévitablement engendré. Au fond, elle ne pouvait pas deviner qu'elle aurait un tel effet sur lui, d'autant plus que ça l'amusait légèrement de le voir faire.
Il avait réussi à lui arracher un sourire au cœur du champ de bataille... Au cœur de la discorde qu'était devenue Lizzy.
Grâce à lui, quasiment oubliés les blessures, le sang, la censure et les cassures. Disparus, tout ce qui les entouraient en ce moment, c'était bien là le pouvoir de l'insouciance.
Cette légère rougeur qui courrait sur ses joues, qu'il tentait de dissimuler tant bien que mal. Ces doigts nerveux et maladroits qui trituraient la bride, créèrent l'illusion de légèreté, qui apaisait les cœurs meurtris, reposait les esprits torturés et rassurait les soldats blessés.
Le silence s'était réinstallé, mais comme s'il pesait trop lourd sur leurs épaules, le jeune Erik reprit la parole, ce qui n'allait pas pour déplaire à Lizzy... Elle avait besoin qu'on lui retire un poids des épaules, sinon elle s'écraserait sous la pression ses responsabilités, des ses erreurs et de ses pêchés. Il fallait qu'on lui change les idées et qu'on lui chante un air nouveau.

***

Ses épaules étaient douloureuses, plus que tout sa nuque la faisait souffrir. Son corps était totalement courbaturé de par sa position trop mauvaise.
Ses dents grincèrent alors qu'elle tenta de se déplacer sans éveillée Ilana, toujours profondément endormie sur son épaule... Lizzy se souvenait de s'être vaguement assoupie, enfin, ce sont plutôt les trous présents dans ses souvenirs qui lui font pré-sentir qu'elle a vaguement piqué un petit somme en route. Mais rien d'aussi profond que l'adolescente endormie sur son épaule.
Son regard se posa alors sur la voûte au dessus de leur tête, l'avantage lorsqu'il fait nuit, c'est que tout se passe à l'ombre des regards...
Lizzy aurait voulu qu'il fasse nuit éternellement, que jamais le soleil ne révèle les mares de sang qui jonchaient les rues, les corps inertes, les regards apeurés figés dans la mort... Mais il se devait de se lever un jour ou l'autre, comme un brin de vérité sur le monde atroce dans laquelle les Hommes sont plongés jusqu'à cou.
Lizzy sortit de ses pensées lorsqu'elle sentit la charrette s'arrêter, et comme la plupart des survivants, elle posa son regard sur la demeure qui se dressait à côté d'eux... Sacré baraque même.
Si aucun ne lâchait la bâtisse du regard, Lizzy la relâcha pour venir poser ses pupilles azures sur les quatre soldats qui entraient pour inspecter les lieux. Elle n'avait pas raté le rictus de douleur de Grey en descendant de son fidèle destrier... Elle se promettait que plus tard elle s'occuperaient de son cas, mais pour l'instant elle se devait de prendre son mal en patience, surtout que la femme à côté d'elle était autant blessé que ce cher dur à cuire.
Lizzy connaissait les hommes et elle savait que pour une question de fierté il y avait de forte chance qu'on lui dise d'aller voir ailleurs, la seule différence c'est qu'en temps de guerre, Lizzy ne se préoccupait pas de l'honneur ou de l'ego... Elle se préoccupait de la vie.
Trois des soldats envoyés revinrent, annonçant aux rescapés que c'était ici qu'ils allaient séjourner, cherchant Grey du regard, Lizzy sursauta lorsqu'elle sentit Ilana l'appeler, quelle idée de se réveiller comme ça aussi ?
La marche des survivants n'avait pas la même cadence que celle de la guerre, mais elle n'en était pas loin, les gens se traînaient, ils étaient bien trop épuisés, ils ne prenaient même plus la peine de lever les pieds, c'était plus lent que la guerre, mais avec une consonance plus macabre aussi. On entendait, on voyait et on sentait la Mort. Elle était partout dans cette marche sans tempo, alourdissant les esprits, pesant plus lourdement encore sur les dos courbés des victimes, leur laissant un arrière goût fade en bouche.
Suivant les rangs, Lizzy resta accrochée à Ilana, l'inverse semblait être plus vrai puisque ce n'était pas les doigts de la médecin qui étaient crispés sur le bras de l'adolescente...
Elles accélérèrent subitement l'allure, visiblement Ilana tenait à avoir sa place là où elle le désirait et pas ailleurs, entraînée à sa suite, Lizzy la suivit docilement, une fois confortablement installée, la jeune femme entreprit de venir en aide aux soldats, mais une main la retint fermement.

-T'en va pas... S'il te plaît.

Sa voix tremblotait mais sa poigne se resserra autour des doigts de Lizzy qui vint s'asseoir auprès d'elle en souriant tristement... Ilana ne faisait confiance à personne, et si la peur s'était envolée le temps d'une nuit, autant dire qu'elle était revenue au galop.

-Ilana... supplia Lizzy, tu ne risques rien vraiment... Regarde.

Lizzy lui présenta les soldats qui étaient en train de distribuer les rations de nourriture d'un mouvement de la main. Elle comprenait bien aisément qu'elle n'ait aucune envie de rester seule, mais Lizzy voulait aussi venir en aide, ça lui permettrait de penser à autre chose...
Ses noires pensées la noyaient depuis qu'ils avaient quitté le village, le poids de sa culpabilité lui coupait presque la respiration et elle avait besoin d'être un moment seule... Un simple tête à tête avec sa personne.
Au loin, elle remarqua Erik à qui elle adressa un petit geste... Dans l'idéal, il faudrait qu'il parle de Lizzy à son chef pour qu'elle aille aider, histoire de ne pas paraître mal polit... Ce n'était pas elle qui donnait les ordres après tout.
Ilana la regarda étrangement en la voyant faire puis elle scruta un moment Erik d'un air intrigué.

-Il est mignon, pas vrai ? Taquina Lizzy, alors que Ilana rougissait légèrement, prise sur le fait.

Lizzy souriait, ça semblait tellement vrai, tellement beau, ça donnait tellement d'espoir... Mais le cœur n'y était tout simplement pas. Ilana y croyait, son coeur se réchauffait et ça suffisait.

Jouer la mascarade, oublier la fissure, rassurer et réconforter ces êtres brisés. Là résidait son devoir. Et comme si un ange avait entendu son appel, Erik se retrouva juste là, à côté d'elles. Instinctivement, Ilana avait relâché la main de Lizzy qui en profita pour s'extirper, Ilana n'eut même pas le temps de retenir la jeune femme que déjà l'adolescent prenait la parole. Au loin, la médecin adressa un petit signe à la gamine accompagné d'un sourire amusé...
Regardant à nouveau où elle mettait les pieds, Lizzy se trouva nez à nez avec Grey, le fameux Grey... Elle jeta un coup d'oeil à son épaule puis revint sur lui.

-Permettez que je soigne cette vilaine blessure, après je me chargerais des autres éventuels blessés. sa voix était calme et posée, toujours emplit de douceur... Ca reposait un peu son esprit, et apaisait son cœur... Bien qu'elle sache que ça ne le réparerait jamais.

Vous pourrez toujours essayé de réparer ce qui est cassé, mais on y verra toujours une brèche.


l#ccffffl

Lizzy V.Tolkien
« Color my life with the chaos of trouble.» ©️ Joy


Dernière édition par Lizzy V.Tolkien le Dim 6 Sep - 12:40, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Grey Olve

avatar

Messages : 33
Date d'inscription : 08/04/2015

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Dim 6 Sep - 12:07


Quand la haine s'empare du peuple
Ambiance

Il m'avait fallut peu de temps pour me ressaisir. Comme si, au fil des ans, mon corps s'était habitué aux affres de la maladie. Étrangement, j'avais l'impression que le temps passé entre deux prises devenait de plus en plus court. Et ces dernières semaines, c'était pire encore. L'on aurait pu croire un instant que c'était sans doute du au stress causé par cette récente guerre, mais à vrai dire... Je n'étais pas tout à fait satisfait de cette explication. Toujours est-il que même si je devais m'injecter ce remède plus souvent, je ne voyais pas le temps passer. Ou alors... Je n'avais pas le temps de le voir filer. J'étais malheureusement bien trop occupé pour ça, et davantage encore depuis que j'avais pris le commandement de la résistance au Nord du pays.

Je soupirais et jetais un coup d’œil vers les gens qui se trouvaient là, amassés dans les différentes pièces du manoir abandonné, sans cesser d'avancer en direction de Hord et Maggie qui distribuaient la nourriture aux villageois. Après une courte discussion avec le soldat, je lui demandais finalement si il savait où se trouvait Erik, l'adolescent qui nous accompagnait. Un petit signe de tête plus tard, et quelques brèves paroles échangés, je continuais mon chemin jusqu'à l'apercevoir enfin. J'allais aussitôt vers lui, l'attrapant par l'épaule et l’entraînant un peu plus loin, à l'écart des autres.

«Erik, écoute. J'aurais besoin de toi pour autre chose. Tu te souviens de la petite qui se trouve avec l'autre nana aux cheveux blanc? Je veux que tu garde un œil sur elle. Apporte lui de quoi manger, et parle lui un peu. Elle va avoir besoin d'un peu de soutient, et comme t'es plus jeune que nous, elle te laissera probablement venir plus facilement. Okay? Allez, va, je prendrais ton tour de garde ce soir.»

Sans plus attendre, je lui donnais une petite tape amicale dans le dos avant de m'éloigner pour rejoindre les autres. Alors que je les remarquais, un peu plus loin, je sentis une main se refermer sur mon poignet. Je m'arrêtais, et baissais les yeux sur un garçon qui ne devait pas encore avoir atteint les vingt printemps.

«Monsieur...! Laissez moi vous aider, je suis jeune, il y a bien quelque chose que je puisse faire, et...»

Je le coupais aussitôt, posant une main sur son épaule tout en l'incitant à s'asseoir à nouveau avec sa mère dont le regard s'était un instant troublé.

«Je trouverais bien quelque chose à te faire faire quand nous serons arrivés aux territoires du Nord. Mais pour l'instant, repose toi.»

Je n'ajoutais rien de plus et me détournais, prêt à repartir, quand je tombais nez à nez avec la jeune femme que je me souvenais avoir vu dans cette ruelle, un peu plus tôt dans la journée. A ses mots, je haussais un peu les sourcils et jetais un coup d’œil par dessus son épaule, apercevant Hord qui soupirait, épuisé après avoir tout ça, et Maggie qui offrait son plus beau sourire à une toute jeune gamine qui s'était visiblement fait mal en tombant tout à l'heure.

«Plus tard, peut-être. Occupez-vous des autres avant. La plaie a cessé de saigner, je peux bien attendre. Je prends le premier tour de garde, alors si vous avez terminé quand j'aurais moi-même finis, venez me voir.»

Je lui montrais une porte d'un petit geste de la main, porte qui débouchait sur une petite pièce.

«Il doit y avoir assez de matériel pour pouvoir s'occuper correctement de chacun. Si vous avez un quelconque soucis, ou si il vous manque quelque chose, demandez à Hord, ou à Maggie. Et pensez aussi à vous reposer.»

Quelques brèves secondes plus tard, je m'éloignais en direction d'Erik que j'attrapais de nouveau pour le prendre à part.

«Je vais préparer une bassine d'eau propre dans la chambre tout au fond. Y a personne la-bas. Emmènes-y la gamine, le temps qu'elle se nettoie. Ou elle ne pourra pas le faire avant demain.»

Une nouvelle fois, je m'éloignais, et allais préparer cette fameuse bassine d'eau fraîche à côté de laquelle je déposais de quoi s'essuyer pour l'adolescente. Une fois fait, j'allais prendre mon tour de garde, comme prévu, faisant régulièrement le tour de la bâtisse pour m'assurer que rien ni personne ne nous suivait. Lorsque Hord vint prendre le relais, la matinée était déjà bien avancé. Probablement étions-nous proche de midi, ou quelque chose comme ça. Mais pour moi, c'était enfin l'heure d'aller me reposer. Je faisais un dernier et rapide tour dans le manoir, m'assurant que les villageois et les autres dormaient, ou du moins allaient bien, puis je me dirigeais vers la pièce du fond dans laquelle je me glissais avant de refermer sagement la porte derrière moi.

Si il me fallut peu de temps pour me décider à poser mes armes sur le coffre en dessous de la fenêtre, il m'en fallut bien plus pour retirer ma cuirasse. Grimaçant, endoloris, et ressentant encore les effets de ma blessure à l'épaule, je râlais un peu alors que l'essentiel de mon armure en cuir s'écrasait au sol. Je roulais un peu des épaules, grognant un peu avant de baisser les yeux sur la plaie que j'avais récolté durant les combats, au village. Heureusement, j'avais eu l'idée de la couvrir d'un peu d'argile que j'avais récupéré dans une poterie quand je m'y étais faufilé pour échapper aux soldats de l'armée noire. Après tout, il ne s'agissait que d'une flèche dont la pointe s'était profondément enfoncée dans mes chairs. La plaie n'étant pas bien large, il n'avait pas été si compliqué d'arrêter l'hémorragie.


© Nightmare sur Épicode.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lizzy V.Tolkien

avatar

Messages : 90
Date d'inscription : 17/12/2014

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Dim 6 Sep - 20:47

Les cassures

Son regard ne cessait de voguer entre la plaie, qui trônait fièrement sur l'épaule du jeune homme, et ses yeux. Elle ne pouvait pas s'en empêcher, la vue d'une blessure lui donner l'envie irrépressible de la soigner. Mais elle se voyait mal prendre le capitaine par la peau du cou pour le sermonner, surtout qu'à vue d’œil, cette blessure n'était que superficielle, rien de grave à priori... Mais on était jamais à l'abri d'une infection. Surtout en temps de guerre.
La réponse qu'il donna fut assez satisfaisante pour Lizzy. Ce n'était pas un refus au moins, il se contentait de reporter en revoyant ses priorités.
Elle jeta un coup d'oeil vers la porte qui la guiderait tout droit vers le matériel dont elle aurait certainement besoin. Même si la plupart des blessures étaient superficielles, Lizzy n'aimait pas prendre le risque de laisser quelques égratignures s'aggraver. En temps de guerre il valait mieux prévenir de tout les maux, plutôt que de le guérir. C'était plus simple pour tout le monde et ça évitait d'user de matériels relativement précieux pour les médecins car plus rares.
Voyant qu'il en avait fini, elle acquiesça d'un mouvement de tête avant de se mettre au boulot. Pleinement focalisée sur ce qu'elle avait à faire, elle en oublia quasiment tous ses problèmes. Légèrement mais suffisamment équipée, Lizzy passa de rescapés en blessés sans jamais lâcher son éternel sourire.
Elle s'arrêta non loin d'une famille qu'elle connaissait bien. Une villageoise chez qui elle se rendait souvent et pour cause, sa fille avait une santé fragile et justement, Lizzy était là pour panser ses blessures.
La gamine lui raconta alors l'histoire d'une princesse, une belle princesse qui ressemblait à Lizzy. Cette princesse là allaient sauver tout le monde et évidemment, elle allait détruire le Grand Méchant, c'était une héroïne. Et c'était aussi leur espoir qui reposait dans cette balade infantile.
Absorbée par leurs bêtises, Lizzy s'attarda avec les deux petites sœurs qui s'obstinaient à garder la pour elles seules. Après tout Lizzy était un visage familier pour elles, et plus que tout... Une lumière scintillante dans les pénombres de cette triste et morne journée.
Jouant et riant encore un peu avec les deux petites filles, Lizzy finit par se détacher des demoiselles et leur conseilla de dormir parce qu'une grosse journée les attendait le lendemain, et ce serait bête de raté ça. Elles ne savaient pas ce qu'elles allaient voir, pas plus que Lizzy d'ailleurs, mais elle laissait ça entre les mains de leur imagination.
La jeune femme en revanche n'avait pas le temps d'imaginer la suite des événements, beaucoup trop plongée dans ce qu'elle faisait en ce moment même. Et alors qu'elle soignait une vilaine petite blessure à la tête d'une jeune fille, elle sentit une main se glisser délicatement sur son épaule. Laissant courir son regard sur le bras de la personne qui cherchait à attirer son attention, Lizzy se retrouva face à Erik, légèrement gêné de venir la déranger en plein travail.
Finalisant son bandage autour du front de la patiente, elle la quitta avec un sourire chaleureux tout en lui pinçant affectueusement la joue puis elle invita Erik à poursuivre la discussion, bien qu'embarrassé, il passa gentiment le message à Lizzy avant de disparaître.
Alors comme ça Ilana la demandait ?
Intriguée, Lizzy suivit les indications de Erik et toqua à la porte, déclinant son identité avant d'entrer. Et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle tomba sur une bassine d'eau propre et sur sa protégée qui peinait à retirer cette robe trop encombrante à son goût.
Ilana ne remarqua réellement la présence de Lizzy que lorsque celle ci s'éclaircit la voix en refermant derrière elle.

-Tu... Pourrais-tu m'aider je te prie ?

Ilana baissait le regard, plus par honte que par gêne. Elle ne se sentait tout simplement pas d'affronter ça seule et apparemment la solitude en elle même la terrifiait.
Un sourire triste se dépeint sur les lèvres de Lizzy qui s'avança doucement vers la jeune fille, l'aidant avec sa robe, le bout de tissu s'échoua finalement au sol.
La peau d'Ilana était comme celle de ses doigts fins, cristalline. Elle était si fragile maintenant à découvert, elle tremblait et tressautait au moindre contact. Une poupée, voilà ce qu'elle était, une poupée en porcelaine qu'il fallait manier avec délicatesse et minutie. Son cœur se resserra dans sa poitrine quand son regard croula jusqu'au trace de sang séché qui contrastait pleinement avec la couleur épurée de la peau de l'adolescente qui n'osait plus regarder son propre corps, trop honteuse.
Lizzy attrapa alors les poignets d'Ilana puis elle se contenta de la scruter, lui adressant un sourire réconfortant. Ce n'était pas de sa faute, ça non. Elle n'y était même pour rien. Mais c'était ainsi quand les choses étaient cassées de l'intérieur, Ilana verrait éternellement sa cassure et avec le temps, elle apprendrait à voir à travers cette faille...
Prenant soin de nettoyer ces traces impures de son corps, retirant toute la souillure de sa peau blanche, Lizzy manipula la jeune fille avec une adresse qu'elle ne pouvait tenir que de sa mère... Parfois elle arrivait à la voir, à travers son reflet dans le miroir, mais aujourd'hui, pourrait-elle encore l'apercevoir ?
Cette situation lui faisait mal, tellement mal que sa respiration en devint plus difficile et les mots étaient noués dans sa gorge. Heureusement pour elle, la chambre était plongée dans un silence monocorde.
Se sentant finalement prête à affronter le regard des autres, et affrontant même un instant son propre regard, Lizzy aida Ilana à revêtir sa robe. Même si les tâches incrustées dans le tissu lui rappelleraient toujours cet instant de sa vie, elle finirait par se reconstruire, il faudrait du courage et du temps. Mais Lizzy n'en doutait pas une seconde, Ilana ne manquait ni de l'un, ni de l'autre.
L'adolescente quitta la petite chambre reculée pour retourner à leur emplacement, où Erik l'attendait étonnement... La sachant entre de bonne main, Lizzy ne résista pas à la tentation.
De là où elle était, elle avait pu voir Grey entrer dans ce qui semblait être sa chambre, et têtue comme une mule, Lizzy s'était décidée à prendre soin de tout le monde et Grey faisait partie du groupe. Dommage pour lui.
Délaissant les deux adolescents derrière elle pour qu'ils puissent vaquer à leurs occupations. Lizzy toqua faiblement sur la surface de la porte, plus pour prévenir de sa venue que pour en quémander l'entrée. Se glissant dans l'embrasure de la porte, la jeune femme referma la porte derrière elle avant d'adresser un sourire ravageur à ce cher Grey.

-Comme prévu, je dois maintenant m'occuper de toi Grey, si tu veux bien te donner la peine...

Lizzy demanda gestuellement au jeune homme de s'installer, histoire qu'elle puisse s'occuper de sa blessure, l'ensemble accompagné de son plus beau sourire.
Elle savait que soigner ne lui permettrait pas de racheter ses erreurs du passé. Et elle savait surtout que ça ne rendrait en rien, sa culpabilité plus faible, mais elle savait que ça lui donnait un temps de répit avant d'être confrontée à ses démons. A sa cassure.
Lizzy était écorchée, autant dans le cœur que dans l'âme, et les cicatrices resteraient à jamais. Comme cette trace, sur le vase brisé qu'on a tenté de recoller.  


l#ccffffl

Lizzy V.Tolkien
« Color my life with the chaos of trouble.» ©️ Joy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Grey Olve

avatar

Messages : 33
Date d'inscription : 08/04/2015

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Mer 21 Oct - 10:53


Quand la haine s'empare du peuple
Ambiance

La plaie avait beau être assez petite, et le saignement s'être arrêté, ca n'en restait pas moins une blessure qui continuellement me lançait. J'étais capitaine de la garde, alors évidemment, ce genre de douleur, j'en avais l'habitude. Mais le caractère continu de cette lésion, accumulé à la fatigue, aussi bien physique que mental en plus de la pression que mon nouveau grade m'imposait... Tout cela devenait difficilement soutenable. Je soupirais, tirant doucement sur la peau de mon épaule pour jeter un coup d’œil vers la plaie, et haussais un sourcil alors que l'on toquait à la porte. Je laissais à peine une vague réponse m'échapper que la porte s'ouvrait, et laissait entrer celle qui nous servait de médecin. A ses dires, je me retournais vers elle, croisant les bras en la regardant. Je ne fis aucune remarque face au subit tutoiement qu'elle avait employé, me disant qu'elle n'avait certainement pas besoin qu'on la rabroue actuellement. D'autant plus que ce n'était pas quelque chose qui me dérangeait spécialement.

«Je vois que vous n'avez pas attendus. Je viens à peine de me poser...»

Sans la contredire, j'attrapais le tabouret qui se trouvait face à la coiffeuse non loin de là, et me rapprochais pour venir m'asseoir juste à côté d'elle. J'eus un bref temps de réflexion, avant d'adresser un regard en coin à la jeune femme.

«Avant de soigner cette plaie, il va vous falloir la nettoyer.»

J'aurais sans doute pu le faire moi-même... Et cela aurait été plus correct, à vrai dire. Enlever l'argile qui s'était accroché à ma peau, recouvrant la blessure d'une légère épaisseur afin que le sang ne saigne plus n'aurait pas été très compliqué. Mais suite aux derniers événements, suite à la fatigue qui pouvait sans aucun doute se lire sur mon visage ou dans mes muscles, j'avais l'envie de me laisser faire, de me confier à des mains probablement expertes.

Je désignais rapidement la cruche d'eau posé un peu plus loin, venant ensuite appuyer mes coudes sur mes genoux. Penché légèrement vers l'avant, je me laissais sagement faire sans rien dire. Je décidais de rester silencieux pour le moment, laissant mes pensées vagabonder l'espace de quelques brefs instants, avant de me reprendre et de relever un peu la tête vers la guérisseuse. Ses dons, ses capacités pourraient certainement être plus qu'utile. Au nord du pays, des médecins, on en avait quelques uns. Certains avaient leur spécialité, d'autres étaient plus doués pour les petites blessures de tous les jours. Mais à vrai dire, ce que je recherchais, c'était quelqu'un qui pourrait nous être utile sur le terrain. Alors oui, c'était une femme... Un homme aurait pu paraître plus concerné par ce poste. Mais il y avait un je ne sais quoi d'indescriptible dans le regard de cette inconnue.

«Vous tenez le choc... Vous vous êtes reposés un peu, au moins?»

Sans attendre de réponse, la devinant avant même qu'elle n'entrouvre les lèvres, je baissais le regard en soupirant un peu.

«Il faudra y penser. Demain, nous arriverons au Nord, et avant que vous ne puissiez vous installer pour vous reposer, il y aura quelques réglages à faire. En somme, si vous ne profitez pas maintenant d'un peu de repos, vous ne pourrez pas en profiter avant un moment...»

J'avais à peine terminé de parler, que j'entendis du chahut dans le couloir. Fronçant les sourcils, je jetais un bref coup d’œil vers la jeune femme avant de me redresser et d'ouvrir la porte pour vérifier que tout allait bien. Ce qui, visiblement, n'était pas le cas. Erik se retrouvait face à face avec un type plus grand, et plus costaud que lui qui l'avait empoigné par le col de sa tunique, prêt à le soulever au dessus du sol, alors que juste derrière se trouvait la jeune fille qui accompagnait notre guérisseuse. Hord avait pris son tour de garde, et Maggie devait certainement être en train de se reposer. J'allais donc devoir intervenir.

Je me glissais dans le couloir, me dirigeant vers le gars qui apparemment n'avait pas compris ce qu'était le mot «entraide».

«On peut savoir ce qui se passe, ici?»

«Grey! Ce gars veut prendre les rations d'Ilana...!»

Fronçant les sourcils, je me tournais vers l'autre type, lui lançant un regard interrogateur qui le fit réagir presque aussitôt.

«J'ai besoin de cette nourriture! Je suis plus grand, plus fort, c'est normal que je mange plus que les autres! Les faibles n'ont pas besoin de se nourrir!»

Et voilà... Encore un qu'il faudrait surveiller attentivement. Je lui faisais un petit signe de tête, lui désignant Erik du regard.

«Tu veux bien le lâcher un instant?»

A peine ses doigts s'étaient-ils écartés du tissus de sa tunique que je le repoussais, venant ensuite faucher ses jambes pour le faire tomber lourdement au sol. Plus ils étaient grands, plus la chute était dure. Mon pied vient se poser presque aussitôt sur son thorax alors que je venais prendre appuie sur mon genoux, me penchant vers lui.

«Écoutes moi bien, mon grand. Je peux t'assurer que je ne suis franchement pas d'humeur à faire la morale à un type dans ton genre. Mais je vais le faire quand même, uniquement pour le plaisir de te faire comprendre qu'ici, ce n'est pas toi qui commande. Alors tu vois tout ces gens? Moi et mes hommes, ont a passés des heures à cheval pour venir les aider, ont a risqués notre peau pour sauver la leur et la tienne. Certains y sont même passés, des hommes et des femmes que je connaissais très bien. On est plus que quatre, et crois moi sur parole, si on se fait attaquer, ce sera pas suffisant pour tous vous protéger. Alors plutôt que d'emmerder les autres, gardes tes forces. T'en auras peut-être besoin pour protéger tes fesses.»




© Nightmare sur Épicode.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lizzy V.Tolkien

avatar

Messages : 90
Date d'inscription : 17/12/2014

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Jeu 22 Oct - 12:42

Chose de dire, chose de faire.

Le scrutant toujours avec ce même sourire, elle ne préféra pas admettre qu'elle guettait en quelque sorte son retour. Au plus elle occupait son esprit, au mieux c'était... Mais ça aussi elle ne voulait pas vraiment en parler.
Elle ne voulait pas se confesser, même à pas à Angharradh... Elle voulait juste essayer d'oublier, de se soigner sans avoir l'air d'avoir déjà touché le fond.
Lorsqu'il s'installa à côté d'elle, Lizzy ne put rater ce furtif regard en coin... En effet, elle allait devoir nettoyer ça pour mieux le soigner ensuite.

-Je me charge de tout, ne vous en faites pas.

Un sourire pour enjoliver les choses, et le tour était joué.
Elle s'équipa, et commença son travail. Nettoyant tout d'abord délicatement sa peau, puis sa plaie. Lizzy avait eu l'occasion d'en voir des blessures de guerre, elle avait eu l'occasion de voir les soldats blessés mais lui il était... Éreinté.
Elle sentait ses muscles tiraillés de ce corps fatigué sous ses doigts trop délicats et trop fins. Elle retombait alors des années en arrière. Il était préoccupé, inquiet. Et la pression que la guerre lui infligeait peser sur ses épaules. Littéralement.
Attelée à son soin, elle le remarqua à peine lorsqu'il se tourna vers elle... Elle sentait son regard impérieux peser sur elle, elle sentait les sermons pointer le bout de leur nez.
Et comme prévu, ils ne tardèrent pas à venir... Elle n'avait même pas eu le temps de feinter, ou de dire quoi que ce soit qu'il avait déjà conclut la chose sur un soupir.
Elle ne savait que répondre... Elle était hésitante sur que dire...
Mais justement voilà qu'un brouhaha insoutenable attira l'attention des deux jeunes gens... Sauvée par la gong comme on dit.
Intriguée, Lizzy suivit Grey tout en balayant la salle d'un regard curieux... Et ça ne lui disait rien qui vaille.
Encore des histoires... Stupide qui plus est. S'en prendre à plus faible, ces hommes là n'avaient aucune fierté. Rien, ils n'avaient rien d'autre qu'un crâne emplit de stupidité et d'avidité.
Et Lizzy était compatissante... C'était encore à lui de s'en charger. Toujours et continuellement à lui.
Grey n'avait même pas haussé le ton, trop las... Et ça se comprenait au fond.
Le message avait l'air d'être passé... Tout du moins jusqu'à ce que Lizzy pose son regard sur l'homme qui tenait Ilana par le poignet comme si ce n'était qu'une vulgaire chose.
Lizzy sentit ses dents grincer, et en dépit de sa nature calme et douce... Sa vue vira au rouge. Trop, c'était trop !

-Cette gamine avait deux parts pour elle seule, si ça c'est pas de l'injustice ! Je-

Le coup était parti tout seul. Le reste avait suivi.
Lizzy était au bord du gouffre, au bord de la crise de nerf et là... C'était la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase.

-Putain, ça fait mal !

C'était stupide, complètement sot d'agir de la sorte... Lizzy détestait l'impulsivité, et elle regrettait maintenant le coup de poing. Même si il l'avait amplement mérité, ça faisait mal... Très mal.
Ses dents grincèrent de nouveau, alors qu'elle jetait un regard particulièrement dissuasif aux camarades de ces deux hommes.

-Grey... Je n'en ai pas fini avec vous, je vous attends dans votre chambre.

Elle n'avait même pas osé le regard dans les yeux tellement elle avait honte de s'être donnée ainsi en spectacle... Ce n'était pas elle... Ce n'était pas dans ses habitudes.
Les villageois même peinaient à la reconnaître, et pour preuve, ces airs déconfis placardés sur leurs visages.
Lizzy elle ne rêvait que d'une chose... S'enfuir, le plus vite possible et oublier ce léger incident.
Elle savait que si l'homme n'avait pas répliqué c'était parce qu'il connaissait Lizzy, au moins de nom, et parce qu'elle l'avait surpris... Si ce n'était pas pour dire choqué.
Lizzy entra dans la chambre de leur chef de groupe et en profita pour soupirer un coup... Trop de pression, vraiment.
Passant une main dans sa chevelure d'argent, Lizzy croisa son reflet d'un un miroir fendu... Et son image ne put être plus vraie que celle qui miroitait en face d'elle.
Cependant, elle n'eut guère le temps de s'attarder sur son reflet que le porte attira son attention.

-Je peux savoir ce qui vous amuse tant ? Ce n'était pas drôle...

Grey, qui venait de passer le pas de la porte, la scrutait toujours avec cet air amusé... Ce n'était juste pas le moment de faire mumuse !
Remarque faite... Elle préférait qu'il sourit plutôt qu'il cherche à comprendre ce qui n'allait plus avec Lizzy... Tant qu'elle avait la paix. C'est tout ce qu'elle demandait.


l#ccffffl

Lizzy V.Tolkien
« Color my life with the chaos of trouble.» ©️ Joy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Grey Olve

avatar

Messages : 33
Date d'inscription : 08/04/2015

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Jeu 22 Oct - 14:03


Quand la haine s'empare du peuple
Ambiance

J'aurais pu être convaincu par la grimace qui avait brièvement étiré les traits du type, ou même par sa réflexion tandis que je lui tendais tout de même la main pour l’aider à se relever. Mais étrangement je ne l'étais pas. Ce genre d'hommes n'aimait pas perdre la face, encore moins face à plus petit que soit. La fierté est quelque chose qui nous prends aux tripes, et qui n'accepte que rarement d'être piétiné. Je le savais. J'étais parfaitement au courant. J'étais moi-même quelqu'un d'extrêmement fier, bien que contrairement à d'autre, la mienne ne me poussait pas à imposer mes choix aux autres. Je me redressais, soupirant, et tournais mon regard sur ma droite quand une nouvelle voix s'éleva. Je haussais brièvement un sourcil, jetant un rapide coup d’œil sur le poignet de la gamine que l'autre tenait, et m'apprêtais à répliquer quand la silhouette de la guérisseuse fit son apparition dans mon champ de vision. Le poing qui s'abattit sur la joue du colosse en étonna grandement la victime. Mais ce n'était pas tout. Si moi-même j'étais désarçonné de voir la jeune femme frapper, les gens qui nous entouraient l'étaient tout autant, si ce n'est plus encore.

Resté figé un moment, je me reprenais dès lors qu'elle m'adressa la parole, me sortant de mes songes et dessinant sur mon visage une nouvelle expression de neutralité parfaite. La suivant brièvement du regard, je me retournais vers les trois types qui avaient tentés de prendre ce qui ne leur appartenait pas par la force, leur adressant un regard parfaitement compréhensible.

«Que je ne vous reprenne pas à faire ce genre de conneries. Ou je me ferais une joie de vous livrer aux armées noires.»

Je me tournais ensuite vers Erik, lui faisant un petit signe de tête auquel il répondit de la même façon avant d'attraper la jeune fille et de l’entraîner un peu plus loin. Mon regard dévia une nouvelle fois dans la pièce, s'assurant qu'à part un peu de chahut, cette scène n'avait rien provoqué d'autre chez les villageois. Une fois certain que tout irait bien, je faisais demi tour et me dirigeais vers la chambre du fond où devait encore m'attendre la guérisseuse. Peu à peu, alors que mes pas m'y menaient, je ne pu empêcher un sourire inattendu de naître sur mes lèvres. Ce petit bout de nana avait visiblement plus de caractère que je ne l'avais cru. Repoussant la porte et entrant dans la pièce, je scrutais la jeune femme avec un air amusé avant de revenir m'asseoir sur le tabouret sagement.

«Vous avez sans doute raison... Mais je dois bien avouer que ça m'a surpris de votre part. Et relâcher la tension, en ce moment, je n'en ai pas vraiment l'occasion. Veuillez m'excuser...»

Je soupirais, m'installant de nouveau pour la laisser terminer ce qu'elle avait commencé, et levais discrètement les yeux sur elle. J'étais conscient des ravages de la guerre, aussi bien chez les morts que chez les vivants. Et je savais aussi qu'il pouvait être douloureux d'assister à certains événements, à certaines scènes imprévues que l'on aurait préféré éviter. Mais j'étais aussi soldat, et en tant que tel, et avec le passé que j'avais, il n'était pas impossible que ma sensibilité à ce genre de choses s'était peu à peu émoussée avec le temps. C'était parfaitement envisageable. Et donc j'avais un peu de mal à imaginer ce que pouvait ressentir cette femme qui venait d'être brutalement arraché au monde dans lequel elle vivait, et qui avait vu sous ses propres yeux des tas de gens qu'elle connaissait se faire tuer. Je ne savais pas comment me mettre à sa place, et à vrai dire... Je préférais éviter de le faire.

«Savez... Ça fait un moment que je suis dans les rangs d'Andarésia. Et j'ai sans doute vu plus de gens mourir que naître. C'est pas pour autant que je reste insensible à ce genre de douleurs. Disons qu'il m'en faut juste un peu plus... Mais vous, vous devez pas avoir l'habitude. Je peux bien comprendre que vous avez les nerfs, et que vous avez l'impression que quelque chose cloche chez vous en ce moment... Alors si vous avez besoin, que je peux y faire quelque chose, ben n'hésitez pas.»

Un bref sourire au coin des lèvres, j'ajoutais mine de rien:

«J'suis dans mon temps de pause, alors...! Puis Erik est la pour s'occuper de la gamine. Demain, dans la nuit, on devrait arriver au Nord. Pas besoin de s'en faire, on y arrivera sans trop de problèmes.»




© Nightmare sur Épicode.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lizzy V.Tolkien

avatar

Messages : 90
Date d'inscription : 17/12/2014

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Jeu 22 Oct - 21:01

Remède miracle

Il reprit place docilement, sans jamais lâcher ce petit air moqueur... Petit air que Lizzy se contenta d'ignorer tout en revenant à sa tâche.
Et au plus elle y songeait, au plus elle le comprenait... Laissant ses doigts experts s'occuper de cette vilaine blessure, Lizzy s'autorisa un regard en coin vers le jeune homme.
Doucement, un sourire se fraya un chemin vers ses lèvres gourmandes qui finirent par laisser place à un rire étonnamment léger.

-Je vous excuse... Pour cette fois. Mais je vous l'accorde, c'était drôle... Un peu. Et puis, ça fait pas de mal de se détendre un peu... Surtout pour vous.

Son sourire se fit plus timide... Alors qu'elle se recentrait sur la plaie.
Et si son regard était parfaitement agrippé à son travail, ses pensées, elles, étaient un peu à la dérive. Lorsqu'elle avait aidé la première fois durant la guerre, elle se souvenait des infirmières avec qui elle avait travaillé... Elle se souvenait d'une en particulier. Hedwige.
Elle était belle, grande et douée. Pour tout. Et parfois, elle s'autorisait à offrir quelques massages aux blessés pour les détendre... Et même si l'idée semblait bonne. Lizzy ne pouvait pas se permettre d'agir à sa guise et elle se voyait mal proposer une petite pause détente à Grey. Elle n'osait tout simplement pas.
Elle se sentait mal à l'aise rien qu'à l'idée de demander... Et elle se maudissait parfois pour ce manque d'audace.
Lizzy était loin d'être timide, mais il y avait des limites qu'elle ne franchissait pas. Ce qui semblait tout à fait naturel à vrai dire mais... Un massage c'était vraiment trop ?
La jeune femme se demandait si c'était si mal... D'un point de vu tout à fait professionnel, elle ne voyait pas en quoi elle était en tort.
Et en y regardant de plus près, Lizzy avait déjà proposé ce type de thérapie à d'autre auparavant alors pourquoi pas à Grey ?
La voix de ce dernier la tira justement de ce nœud de songe qui commençait à l'embrouiller plus qu'il ne l'aurait fallu.
Ses paroles eurent un effet bénéfique sur la jeune femme... Elle se sentait tout à coup moins seule, comme embrassée par une chaleur familière qui l'avait quittée auparavant. Un petit quelque chose qui la rendait plus vivante encore, plus humaine.
Un léger sourire fendit son visage, alors que son regard tomba sur lui.

-On ne peut rien vous cachez à vous alors... Mais il y a des choses qui ont été faites et qui ne peuvent être défaites et je sais que vous allez me dire que j'ai fait du mieux que j'ai pu mais il y a ce poids...

Elle haussa les sourcils lorsqu'une larme perla sur l'épaule du jeune homme. Sa larme.
Elle essuya ses sanglots d'un revers de la main, tout en souriant. Amusée de se surprendre elle même.

-Excusez moi, je ne savais pas que ça résulterait à ça... Je ne vais tout de même pas gâcher votre temps de pause à pleurer et à m'apitoyer sur mon sort, pour une fois que vous pouvez justement prendre une pause... Je refuse de vous infliger ça. Si j'offrais quelque chose en retard à la limite mais...

Une fois ses larmes séchées, Lizzy nettoya de nouveau la plaie à présent refermée afin d'éviter tout risque d'infection. Puis elle se décida à vider son sac, elle était bien partie, autant continuer sur cette lancée.

-Je... J'ai fait des choses que... Je ne peux pas dormir. Pas avec ça. Alors si vous avez un remède miracle, je suis preneuse docteur !

Elle n'avait plus sourit ainsi depuis qu'ils étaient là. Elle était au bord du gouffre et pourtant, elle trouvait toujours la force de sourire, un sourire franc. Un vrai sourire. Un de ceux qui viennent du cœur. Et pourtant, ses larmes aussi venaient du cœur. C'était complètement délirant. C'était à ça que ressemblait une poupée cassée alors... Un subtil mélange de douleur, tristesse et de rire avec un soupçon de sincérité.


l#ccffffl

Lizzy V.Tolkien
« Color my life with the chaos of trouble.» ©️ Joy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Grey Olve

avatar

Messages : 33
Date d'inscription : 08/04/2015

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Mar 17 Nov - 18:28


Quand la haine s'empare du peuple
Ambiance

Rien me cacher... A vrai dire, j'étais un piètre menteur. Sans doute parce que ma sœur m'avait éduqué de sorte à ce que je lui dise toujours la vérité. Il était essentiel de s'assurer de la loyauté d'un chien que l'on voulait mener en guerre... Mais en contrepartie, j'avais appris à observer, à décrypter les moindres faits et gestes d'une personne. Là, une lèvre tremblante, ici un pas mal assuré, et de l'autre coté, un regard fuyant... Les gens avaient beau essayer de mentir, la plupart du temps, il n'était pas bien compliqué de s'en rendre compte. La parole était une chose, le langage du corps une autre. Et j'avais appris à manier, et à lire entre les lignes des deux. Même si j'étais beaucoup moins doué pour la première catégorie. C'était d'ailleurs pourquoi j'étais au front, et au pourquoi Nétal assurait mes arrières, au conseil de la magie. Nétal... Ma sœur. J'eus une brève pensée pour elle. Depuis le début de la guerre, je n'avais strictement aucune nouvelles.

Fronçant les sourcils, je baissais les yeux sur la goutte d'eau salé qui venait d'atterrir sur mon épaule. L'essuyant du bout des doigts, je relevais le regard sur la jeune femme, et la regardais un moment, un peu désolé, et inquiet à la fois. Hm, probablement était-il normal de craquer dans ce genre de situation, mais à vrai dire, je n'étais pas vraiment préparé à ça. La suivant du regard alors qu'elle attrapait de quoi nettoyer à nouveau la plaie désormais refermé, je l'observais du coin de l’œil sans véritablement savoir quoi faire. Je n'étais sans doute pas le mieux placé pour ce genre de choses.

Le sourire qu'elle affichait était presque déchirant. Un sourire sincère, presque heureux, mais en même temps, teinté d'une sombre couleur, d'un arrière goût amer, qui vous donne l'envie de pleurer, d'exprimer la colère ou la tristesse qui vous habite.

«On fait tous des choses que l'on aimerait pourtant éviter de devoir appliquer. Andarésia n'a jamais vraiment connu de temps troubles, mais la guerre est bel et bien là. Et il faut faire avec. Avec tout ça, il y a des choix qui s'imposent, des choix auxquels on n'aurait probablement jamais songé jusque là. Mais si on veut survivre, si on veut rester, et résister, c'est la meilleure des choses à faire. Personne ne vous en voudra. Je ne vous blâmerais certainement pas d'avoir simplement survécu.»

Tout en me relevant, j'étais venu délicatement attraper les doigts de la guérisseuse pour la tirer et la pousser à s'asseoir sur le rebord du lit qui trônait encore dans la pièce, l'un des derniers meubles encore en place après le passage des armées noires qui n'avaient pas un seul instant hésité à piller les plus riches, comme les plus pauvres.

«Je comprends parfaitement que ça vous occupe l'esprit. Je ne sais pas exactement ce qui vous pèse, mais la première fois que j'ai ôté la vie, que le tranchant de mon épée a à jamais retiré le dernier souffle de cette personne, pour moi aussi ça a été douloureux. On est jamais préparé à ce genre de choses. Et pourtant, ça arrive.»

Toujours debout, je me dirigeais vers le coffre sur lequel était posé ma cuirasse, et où juste à côté, traînais une gourde encore pleine.

«Je ne suis pas très doué en ce qui concerne ce genre de choses, mais... Vous avez terminé votre travail de guérisseuse, et vous avez amplement mérité de vous reposer. Alors... Alors si... Si ça peut vous aider...»

Plantant mon regard dans le sien, je lui tendais l'outre silencieusement. Ce n'était certes pas la meilleure des choses à faire, mais pour avoir déjà expérimenté la solution, je savais qu'elle était efficace. Et pas forcement désagréable. Du moins, l'espace d'une nuit. Et à condition de ne pas craindre la gueule de bois le lendemain.


© Nightmare sur Épicode.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lizzy V.Tolkien

avatar

Messages : 90
Date d'inscription : 17/12/2014

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Sam 5 Déc - 21:58

Brume d'esprit

Lizzy se souvenait vaguement des soldats. Des survivants de la guerre à laquelle elle avait participé en tant qu'infirmière à cette époque... Une simple paire de main prête à venir en aide à qui le désirer.
Et elle avait vu les pleurs de jeunes hommes à peine plus âgés qu'elle. Elle avait écouté leur récit qu'ils contaient à cœur ouvert puis elle les avait consolés pour la plupart.
Le champs de bataille n'était rien de comparable aux mots, on ne pouvait imaginer avant d'avoir vécu. Pas avant d'avoir senti une partie de son cœur se fissurer puis lâcher subitement prise.

Aujourd'hui Lizzy pouvait comprendre ces hommes et elle avait tenu exactement le même discours que Grey... Ils l'avaient fait pour leur survie. Lizzy avait du sang sur les mains et rien ne pourrait effacer ça, mais elle avait agi pour une vie... C'est comme soigner le mal par le mal.
Et même si cela l'aider à se sentir momentanément plus légère, Lizzy n'oubliait rien du reste... Retirer un poids de ses épaules ne faisait pas pour autant disparaître les autres...

Les yeux rivés sur le sol, se triturant les mains, Lizzy fut surprise de sentir les doigts de Grey la saisir pour l'amener vers le seul réel survivant du passage des armées noires.
Se laissant tomber et rebondir sur le lit, Lizzy suivit Grey du regard, toujours attentive à ses mots...
Cette douleur est donc la même pour tous... Etouffante, un cri strident qui vous réveille lorsque vos paupières se ferment et cette impression de sombrer complètement dans les profondeurs...
Affronter la Mort ce doit être éprouvant, mais prendre sa place... C'est terrifiant.

-On est jamais préparé parce qu'il n'y a qu'en se brisant nous même que l'on accepte de briser une vie. Si rien ne se passe, si rien ne se casse au fond... Alors on ne vaut pas mieux que ceux qui nous assaillent...

Elle savait qu'il avait de la justesse et une bonne dose de sagesse dans ses mots... Et pourtant, ça ne l'aidait pas des masses à se sentir mieux, ou même à apaiser sa culpabilité.
Lizzy s'en voulait toujours autant... On aurait pu dire qu'elle était dure envers elle-même, mais elle avait le sentiment qu'il fallait en passer par là pour accéder à la rédemption... Au repentir.
Pour que son cœur soit finalement en paix et qu'il puisse se libérer lui-même de ses chaînes trop puissantes encore et trop présentes pour les occulter en un battement de cil ou par la force des mots.

Levant les yeux sur l'objet tendu, Lizzy haussa les sourcils. Elle n'était pas du genre à picoler et pour tout dire, elle tenait très mal l'alcool... Mais au point où elle en était, elle songea qu'une gueule de bois valait mieux qu'une nuit blanche.
Il lui fallait extérioriser tout ça, sa colère, sa culpabilité, sa tristesse... Son erreur.
Un sourire se peignit sur le visage de la jeune femme qui saisit fermement la gourde, faisant signe à Grey de venir prendre place à ses côtés.

-Je n'ai pas l'intention de vider ça toute seule... Vous êtes en repos aussi, alors c'est le moment d'en profiter.

Posant ses lèvres sur le goulot de la gourde, Lizzy redressa la tête et laissa le liquide lui brûler longuement la gorge.. C'était agréablement fou.
Se décidant à obliger le capitaine à s'installer comme il l'avait fait pour elle, Lizzy lui tendit la gourde...
L'échange fut tout d'abord étonnamment silencieux, rien que le bruit des gorges qui se délectent du nectar puis Lizzy commença à ressentir les effets de la potion...

Ses joues se rosèrent à peine au début, et un sourire s'étala sur son visage... Rien d'alarmant jusque là. Les mots passaient la barrière de ses lèvres sans qu'elle n'ait vraiment le temps d'y réfléchir, contant ses souvenirs d'enfance avec sa mère d'un air attendri...
Mais les gorgées s'enchaînèrent, surement trop vite, trop nombreuses et trop importante... La déchéance allait certainement atteindre son apogée alors que Lizzy n'avait plus le contrôle de rien...
Les rougeurs sur ses joues prouvaient qu'elle était loin d'être en pleine possession de ses moyens, ne parlons même pas de ses rires incessants et de son équilibre porté disparu qui lui coûta une belle gamelle ainsi qu'un nouveau fou rire, étalée sur le sol...

L'alcool, tout compte fait, c'était une mauvaise idée...


l#ccffffl

Lizzy V.Tolkien
« Color my life with the chaos of trouble.» ©️ Joy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Grey Olve

avatar

Messages : 33
Date d'inscription : 08/04/2015

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Mer 13 Jan - 15:38


Quand la haine s'empare du peuple
Ambiance

Le regard qu'elle me lança me fit croire un instant que je n'avais pas choisis la bonne solution. Ou tout du moins, qu'à ses yeux, boire jusqu'à l'ivresse, dire de pouvoir oublier l'espace d'une nuit tous les problèmes qui vous hantaient, c'était loin d'être ce qu'il fallait faire dans ce genre de cas. Néanmoins, un sourire se peignit rapidement sur ses traits, faisant taire cette petite appréhension. Une bonne vieille gueule de bois valait toujours mieux qu'une horrible et longue nuit blanche. Au moins, même si on ne se laissait pas emporter par les songes, notre corps et notre esprit se reposaient malgré tout. Comment est ce que je le savais...? De un, parce que c'était quelque chose qui pouvait paraître évident, et de deux... Parce que c'était moi-même la méthode que j'employais quand parfois, j'avais trop de mal à dormir.

En l'entendant, je haussais un sourcil et grimaçais un peu. Malheureusement, ce n'était pas aussi facile. Même si j'avais terminé mon tour de garde, et que techniquement, j'avais là un moment pour prendre du repos, tout et n'importe quoi pouvait arriver pendant ce temps la. Les armées noires pouvaient être à l'autre bout de la carte, puis tout à coup, se retrouver juste devant vous, prête à vous contrer, et à vous obliger à changer vos plans. En somme, mieux valait-il ne pas jouer avec le feu, avoir les idées claires, et profiter des seuls instants de calme et de paix que nous offrait Angharahdd pour se poser.

Néanmoins... Je ne me sentais pas là le courage de repousser notre guérisseuse. Et puis, n'était-ce pas moi-même qui lui avait proposé de l'écouter? Je pouvais au moins faire cela pour elle. Je me laissais donc finalement entraîner, et m'installais à mon tour sur le rebord du lit dont le matelas était légèrement éventré à un endroit, laissant apparaître quelques plumes. Silencieux, souriant brièvement et simplement en retour, j'attrapais la gourde et la portais à mon tour à mes lèvres pour en boire une bonne gorgée. Maintenant que je sentais le liquide couler le long de ma gorge, je m'en rappelais. L'alcool avait un goût âpre, rude. Évidemment, comment se procurer de la meilleure qualité alors que la guerre ravageait le Royaume? J'eus une brève pensée, un léger regret pour Lizzy qui s'apprêtait probablement à prendre sa première bonne cuite, avec une gnôle aussi piètre au goût qu'à l'odeur. Il faudrait que je pense, quand tout ca serait terminé, de l'emmener un jour au Marteau et à la Chopine, qu'elle puisse au moins un jour goûter à ce que l'on faisait de meilleurs, sur Andarésia.

Le silence qui s'était installé fut finalement rompu par la jeune femme qui se délivra et se libéra petit à petit de tout un tas de choses. Elle me compta parfois quelques souvenirs... Et a d'autres moments, elle m'expliqua comment elle voyait les horreurs de la guerre. Il lui arrivait parfois de changer complètement de sujet d'un seul coup, passant du coq à l'âne, mais je me contentais de sourire vaguement, en continuant de l'écouter sagement. Elle avait besoin de s'ouvrir, de parler ouvertement de choses qui la tracassaient, ou non.

Je ne remarquais que trop tard cependant que de petites rougeurs colorés ses joues, annonçant là que l'alcool faisait déjà son effet. Avait-elle bu bien plus que je ne l'aurais cru? A moins que ce ne soit la vitesse avec laquelle elle avait enchaîné les gorgées qui la poussait ainsi dans les bras de l'ivresse...? Ou peut-être ne tenait-elle simplement pas l'alcool. Toujours est-il que moi-même, je n'avais pas hésité un seul instant à en boire autant qu'elle, et que je n'avais que très peu d'heures de sommeil au compteur. Aussi, lorsqu'elle se retrouva face contre terre, je ne pu m'empêcher de tituber un peu en me levant à mon tour. Tenant beaucoup mieux debout cependant que Lizzy, je venais tenter de la relever, en lui tendant mes doigts, puis abandonnais en voyant la difficulté qu'elle semblait avoir, ne serais ce que pour se relever.

La redressant comme je le pouvais, je venais finalement passer un bras dans son dos, et un autre sous ses genoux pour la soulever et l'amener jusqu'au seul meuble qui traînait dans la pièce, le grand lit. Trébuchant malencontreusement, je me retrouvais finalement à moitié grimpé sur le matelas, un genou et les deux mains prenant appuies sur ce dernier, la guérisseuse accroché à mon cou, et à moitié étalé juste en dessous de moi. Tout cela aurait pu paraître gênant, si l'alcool ne venait pas nous désinhiber. Comme c'était le cas néanmoins, la situation aurait pu passer comme si de rien n'était. Du moins, si la porte ne s'était pas ouverte sur Erik qui, visiblement, se méprenait largement sur notre occupation du moment.

«G-Grey...?»


© Nightmare sur Épicode.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lizzy V.Tolkien

avatar

Messages : 90
Date d'inscription : 17/12/2014

MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   Ven 12 Fév - 16:36

Douce nuit...

Incapable d'agir raisonnablement, Lizzy se laissait complètement aller, guidée par un esprit brumeux et démesurément têtu.
Elle avait beau essayé de se relever, la force ou plutôt l'équilibre lui manquait. A chaque tentative elle sentait ses jambes vaciller avant de se dérober brutalement sous elle.
Malgré toute la bonne volonté qu'elle y mettait son corps ne suivait définitivement pas le mouvement et ça la faisait doucement rire. C'est tout ce qu'elle savait encore faire... Rire.

Visiblement plus lucide que cette belle Lizzy, Grey lui vint en aide non sans peine. Un léger hoquet de surprise s'échappa alors des lèvres de la belle alors qu'il la prenait dans ses bras, comme par automatisme, Lizzy vint enrouler ses bras autour du cou de son sauveur, laissant sa tête retomber mollement sur son épaule. C'était plus confortable que ce vieux parquet déjà.
Faiblement balancer par les pas du jeune homme, l'argentée sentit ses paupières s'alourdir doucement, le sommeil venant la cueillir doucement comme une fleur fraîchement colorée par la douceur du printemps.
Cependant, l'atterrissage plutôt brutale obligea la jeune femme à rouvrir les yeux, poussée par un brin de curiosité. Ainsi, Lizzy put constater qu'elle était toujours accrochée au cou de ce cher Grey qui la surplombait de toute sa hauteur. Si elle n'avait été sous les effets de l'alcool, surement se serait elle outrée de cette proximité, ou même de cette délicate position mais à l'heure actuelle Lizzy n'était plus du tout en capacité de réagir naturellement face à la situation en revanche le jeune Erik paraissait complètement troublé de surprendre les deux jeunes gens dans une telle posture.
C'est à ce moment précis que le naturel revint au galop. Agissant comme à son habitude, Lizzy adressa un léger sourire à l'adolescent tout en lui faisait un petit signe de la main, alors que celui-ci vira au rouge pivoine.

-J-Je... Je repasserais !

La porte se referma aussi vite qu'elle s'était ouverte, laissant Lizzy un brin sceptique. Cette réaction était étonnante au goût de la guérisseuse qui ne comprenait pas ce départ précipité... Surement parce qu'elle ne saisissait pas l'ambiguïté de la scène.

-Il était bizarre Erik... Tu trouves pas ?

Et voilà qu'on passait au tutoiement, la jeune femme agissait subitement familièrement, surement trop familièrement et elle ne mesurait plus les conséquences de ses actes, en fait elle ne mesurait quasiment plus rien. Lizzy n'était plus Lizzy, elle n'était plus que l'ombre de celle qu'elle était. Forme d'innocence, de délicatesse et de douceur.
C'était drôle comme les gens pouvaient être différents lorsqu'on leur retirer la subtile capacité qu'est la réfléxion. Ne restait alors plus que les actes, certains restant toujours plus marquant que les mots eux mêmes.

Sagement installée sur le lit, Lizzy détacha mollement ses bras de la nuque de Grey et elle se laissa doucement retomber sur le matelas soupirant d'aise. Se délectant enfin du peu de repos qu'on daignait bien lui offrir, le confort n'était peut-être pas de taille mais il était suffisant pour la fatigue accumulée et la tension pesant lourdement sur ses épaules.
Un soupir plus tard, Lizzy agrippa faiblement le poignet du Capitaine, un simple remerciement silencieux. Un simple murmure mourant aussitôt sur ses lèvres charnues alors même que Morphée vient accueillir la belle dans le monde des rêves...

Oh oui pour l'instant le rêve était permis, mais le retour à la réalité risquait d'être drôlement brutal.


l#ccffffl

Lizzy V.Tolkien
« Color my life with the chaos of trouble.» ©️ Joy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy   

Revenir en haut Aller en bas
 
Quand la haine s'empare du peuple | Grey & Lizzy
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Quand la nostaldie s'empare de notre coeur, tourne la tête et revient en arrière. /pv : Cheyenne/
» Quand la solitude nous empare, faisons des maths !
» [flashback] Quand l'amour provoque la haine, même les âmes les plus pures noircissent. [Licinia]
» Feu Carlo Desinor disait les Haitiens Ce peuple à refaire
» Quand haiti pourra-t-elle exporter vers RD?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Royaume Andarésia :: Quartiers Résidentiels-
Sauter vers: