Serez-vous l'un des notres? Ou ferez-vous partie de ceux qui ont été amenés illégalement sur nos Terres?
 

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 Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian

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Derek Curtis

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MessageSujet: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Mar 19 Mai - 14:01

Quand tout avait commencé, j'avais fais comme tous les autres. Lorsque j'avais entendu les premiers hurlements et qu'en sortant, je m'étais aperçu que non loin de là une maison brûlait, je n'avais pas véritablement cherché à comprendre. En voyant les autres se mettre à fuir, allant parfois jusqu'à piétiner leur propre voisin, je m'étais dis que quelque chose clochait, que tout cela était inhabituel. Et puis je les avais vu. J'avais vu ces hommes sortir de nul part et se jeter sur ceux qui protestaient. Oui, je les avais vu poignarder lâchement un homme dans le dos, au sol, tout comme je les avais vu repousser violemment une enfant qui voulait rejoindre sa mère et qu'ils s'apprêtaient à tuer. J'avais assister à toute la scène, figé sur place, les yeux écarquillés. Au début, j'avais eu du mal à m'en rendre compte... Mais j'avais finis par comprendre. On nous envahissait. C'était une invasion. C'était une guerre.

La première chose qui m'était venu à l'esprit avait été de fuir. Il y avait des massacres tout autour de moi, des hurlements qui se répercutaient, des cris... Je ne pense pas que l'on aurait pu m'en vouloir d'avoir pensé à m'enfuir. Mais alors que je courais, une autre scène attira mon attention. Il y avait là un groupe de ces soldats en noir qui se tordaient de rire en persécutant deux jeunes gens. C'est là que je compris. Pourquoi les laisser faire...? Pourquoi partir alors que l'on pouvait s'opposer à eux? C'était tellement idiot, et tellement lâche. Est ce que j'avais véritablement le droit d'ignorer ce qu'il se passait autour de moi et ne penser qu'à ma personne en m'éloignant autant du massacre...? J'étais différent, sans doute plus fort que n'importe lequel de ces villageois qui fuyaient. Alors pourquoi rester sans rien faire?

Je me laissais percuter par un homme et grondais un peu avant de me diriger d'un pas décidé vers ce groupe de soldats. Il était hors de question de les laisser faire ça plus longtemps. Il était hors de question de les laisser croire qu'ils pourraient continuer à agir comme bon leur semble. Plus je m'approchais, et plus je n'avais qu'une idée en tête: il fallait leur faire payer ce qu'ils étaient en train de faire. J'étais sur le point d'intervenir quand un autre cri me parvint, plus aigu, plus frêle, plus fragile. Je m'arrêtais presque aussitôt et me retournais brusquement en cherchant des yeux d'où est ce que cela pouvait provenir. Et puis je les avais vu. Écarquillant les yeux, j'avais un court instant hésité. Ce groupe de gosses? Ou les deux autres? Il m'avait fallut peu de temps pour choisir. Grâce à cette vitesse que je ne maîtrisais pas encore très bien, je me glissais entre les gamins effrayés et le colosse qui leur faisait face, une épée entre les doigts. Je pensais devoir me battre pour les défendre, mais presque aussitôt, une main se posa sur l'épaule du guerrier en armure.

«Ça suffit. Il faut qu'on en garde assez en vie. Rassemblons les sur la place.»

Sourcils froncés, je fixais les deux inconnus du regard jusqu'à ce que l'un d'entre eux m'attrape fermement par le bras et nous fasse signe d'avancer. Bien que tremblants et pleurant, les trois gamins nous suivirent sans rechigner. Je laissais rapidement tomber l'idée de résister. Ils étaient beaucoup trop nombreux, et à cette distance, je n'étais pas certain de pouvoir assurer la défense des enfants. Je préférais donc laisser tomber et les suivre. Après ça, on rassembla les survivants sur la place publique où d'autres types se chargèrent de nous recenser par famille. J'avais bien remarqué la crasse des gosses qui me suivaient, et il ne m'en avait pas fallut beaucoup plus pour deviner qu'ils provenaient des bas-fonds. De plus, la seule fille dans le lot portait avec elle un bambin, un bébé qui n'avait probablement pas plus de quelques jours d'existences. En somme, il y avait beaucoup de chances que ces enfants soient seuls désormais.

Alors, au moment du recensement, je les fis tous les quatre passer pour mes frères et sœurs. Notre mère avait périt en mettant le dernier d'entre nous au monde, et aucun d'entre nous ne connaissait son père. L'affaire était réglé. Durant les quelques jours qui suivirent, on nous grava un chiffre sur le poignet, et on nous apprit que désormais, les règles n'étaient plus les mêmes. Nous avions interdiction de voyager entre les territoires, et n'avions aucunement le droit de s'opposer aux armées noires. La nourriture était rationné, et si nous avions le malheur de contester un peu, on nous humiliait publiquement. Personnellement, les choses avaient aussi changés pour moi. De seul, je me retrouvais avec quatre enfants sur les bras, dont un bébé qui réclamait une attention quasi constante. En somme, en plus de devoir faire de la place afin d'installer une couchettes pour les gamins, j'avais également été dans l'obligation de fabriquer par mes propres moyens un petit lit qui accueillerait le bambin.

Les journées étaient assez compliqués, étant donné que je ne pouvais pas vraiment sortir sous le soleil, mais malgré tout, je faisais tout ce que je pouvais pour garder les enfants en vie, et leur assurer un minimum de confort. J'avais appris à tenir bon malgré de longues «nuits» blanches, et à me déplacer assez couvert pour ne pas subir la morsure du soleil. Mes habitudes étaient complètement bouleversés, c'est vrai... Mais au moins, les gosses s'en étaient remis, et avaient retrouvés le sourire. Ah et... J'avais aussi appris à les connaître. Il y avait donc Torak et Zila dont le bout des oreilles pointés hors de leur chevelure, blonde pour l'un et rousse pour l'autre, et respectivement âgé de douze et huit ans, ainsi que Nemeroff, une petite tête brune au sang impur d'à peine trois ans de moins que sa sœur et qui avait eu la chance de ne pas avoir encore subis sa première transformation en loup. Quant au petit dernier, que ses frères et sœur avaient nommés Jellal, il s'agissait assurément d'un petit humain.

Je devais avouer qu'en à peine quelques jours, je m'étais plutôt attaché à eux. Alors, comme j'étais un peu leur dernière chance de survie, j'avais décidé de continuer à m'écraser le temps qu'il faudrait. Je savais que des réseaux de résistances avaient vu le jour, par ci par là, et j'avais entendu dire que certains d'entre eux organisaient des rapatriements pour les femmes et les enfants vers le Nord, le seul territoire encore sûr et libre de nos jours. Je préparais discrètement ce futur voyage, achetant ou négociant des vêtements plus correct et plus chaud pour les gamins. Je mettais également, volontairement, une part de ma propre ration de nourriture de côté. J'avais même fabriqué des petits poignards pour les plus grands, en espérant toutefois qu'ils n'auraient pas à s'en servir un jour.

Enfin, tout serait prêt pour le jour de départ. J'ouvrais lentement les yeux et les baissais peu à peu sur mon torse, là où reposait le dernier de la tribu, puis grimaçais. Je n'avais pas l'habitude de m'endormir en pleine nuit, mais au vu du peu de temps de sommeil que j'avais accumulé ces derniers jours, m'étaler à moitié dans mon hamac pour nourrir le bambin n'avait pas été une très bonne idée. Le gamin allait bien, et s'était également endormis apparemment, mais il était important pour moi de garder mon rythme de vie habituel. Soupirant longuement, je me redressais tant bien que mal et allais déposer le bébé dans le berceau que je lui avais rapidement fabriqué avant de jeter un coup d’œil en direction des autres enfants. Tous les trois dormaient. Parfait. En silence, je me dirigeais donc vers l'extérieur afin de prendre un peu l'air et de me rafraîchir les idées.

Mais à peine avais-je mis les pieds dehors que des grognements et des aboiements me parvinrent. Fronçant les sourcils, je tournais lentement la tête sur ma droite, attendant patiemment une réponse aux questions que je me posais. Puis brusquement la silhouette d'un homme en noir apparut dans mon champs de vision, s'effondrant au sol alors qu'un canidé se jetais sur lui pour lui arracher la gorge. J'écarquillais alors les yeux et observais silencieusement le combat de cette créature face à d'autres soldats ennemis. Rapidement, l'animal me parut beaucoup trop gros pour être un chien, ou un quelconque loup. Il devait donc s'agir d'un garou. Alors qu'il mordait la chair de sa dernière victime et qu'il se trouvait désormais seul, j'avançais un peu vers lui et sifflais dans sa direction pour attirer son attention.



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Sélénia Gilian

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Mer 20 Mai - 10:10

Les nouvelles vont vite dit-on. Celle concernant la mort de Reira fut apportée par un loup qui entra dans l’auberge de son chef. L’homme, échevelé et affolé annonça de but en blanc la nouvelle à l’alpha. Le pays était envahi, des hommes massacrés et le palais du roi avait déjà été pris. La commandante des armées avait été égorgée et décapitée pour montrer l’exemple et ceux que l’on appelait les armées noires se dirigeait vers le village. Ils seraient là d’ici peu.

La nouvelle eût un impact différent chez le père et la fille bien qu’au début semblable. La louve lâcha son plateau qui atterri au sol avec son contenu dans un fracas épouvantable. Mandranir lâcha la chope de bière qu’il préparait. Tous deux muets suite à l’horreur qu’ils venaient d’entendre. Le père se laissa tomber lourdement sur une chaise, fixant le sol comme s’il ne réalisait pas encore. Le loup annonciateur de mauvaise nouvelle l’interrogea, que devait faire la meute ? Aucune réponse.

La jeune louve elle, sentait bouillir dans ses veines une colère sans nom. Comme à la mort de sa mère, son père baissait les armes, brisé. Or tous les loups attendaient après le meneur. Le voir ainsi la stimulait, comme par le passé, elle se battrait.

- Il faut nous battre !

La louve gronda en frappant du poing sur la table. Son père releva son visage déformé par la peine.

- Non, toi tu restes là. Ils nous massacrerons jusqu’au dernier si nous nous rebellons. Il faut attendre d’en savoir plus.

Il perd l’esprit se disait la louve, la tristesse le rend faible.

- Je ne serais jamais plus esclave ! Nous avons gagné notre liberté ! Et maintenant on laisserait des inconnus nous la reprendre ?! Jamais !

Parmi les clients quelques murmures d’approbation se firent entendre. La serveuse ôta son tablier qu’elle jeta sur une chaise avant de prendre la direction de la sortie.

- Où vas-tu ?

- Faire ce que j’ai à faire, résister !

La voix de Mandranir se fit plus forte, plus autoritaire.

- Tu ne vas nulle part jeune fille !

Ce n’était plus le père qui parlait, mais l’alpha qui ordonnait, sa voix était pareil au grondement qui faisait courber l’échine des autres loups. Un silence se fit dans la salle jusqu’à ce que la demoiselle des loups se retourne et défie son père du regard.

- Je ne suis plus l’enfant que tu peux laisser derrière pour son bien. Je ne suis pas non plus une louve qui courbe l’échine face à toi.

Des yeux ronds se posèrent sur elle, c’était bien la seule à tenir tête ainsi au leader.

- Reira ne serait pas resté sans rien faire elle !

Sélénia allait ouvrir la porte sur ces douloureuses paroles, mais par la fenêtre elle distingua de sombres silhouettes en armure.

- Ils sont là !

S’élançant la jeune fille traversa la salle et sauta par-dessus le comptoir. S’arrêtant un instant à la hauteur de son père pour lui murmurer un « prend soin de toi père ». Et filer par la porte de derrière. Sa course se poursuivit le long de quelques rues désertes. Un soldat lui barra la route. Il était seul. La louve ne ralentis pas mais d’humaine elle devint louve sans stopper sa course. Sautant à la gorge de l’homme elle referma ses crocs sur sa trachée, profitant de l’effet de surprise et de la vitesse pour ainsi l’étouffer. Lorsqu’il fût mort sa course repris jusque dans les bois. La colère et l’adrénaline courait dans ses veines. Ses pattes frôlaient à peine les feuilles mortes, ses griffes s’enfonçaient dans l’humus à chaque virage. Une puissante et enivrante sensation de liberté l’habitait. Grisée par ce sentiment elle ne s’arrêta qu’un moment après, les flans haletants. Basculant la tête en arrière un long hurlement retentis dans la nuit.

Les jours suivants, ou plutôt les nuits, la louve s’approcha des villages et s’attaqua aux soldats de l’armée noire. Jamais plus de deux, elle n’était pas inconsciente. Ne reprenant jamais forme humaine elle se nourrissait de petites proies facile à chasser en solitaire comme le lièvre, le lapin ou quelques mulots.

Cela devait faire 10 jours que la demoiselle était louve, ne cherchant même pas à penser comme une humaine, se fiant à son instinct animal sans craintes. Au point qu’elle n’y arrivait même plus. La colère était plus facile à canaliser ainsi. Ses pas l’avaient mené dans ce village. Trois soldats cette fois, mais pas des hommes bêtes comme elle en avait croisé. Dans l’ombre elle s’approcha, puis sauta sur le premier, refermant sa puissante mâchoire sur sa gorge. Rapidement il suffoqua et tomba au sol. Un autre sauta sur la bête pour l’immobiliser, grave erreur. Les pattes puissantes de l’animal lacérèrent le torse de l’homme et son visage. Le laissant gémissant se vider de son sang par les plaies trop nombreuses et profondes. Le troisième homme tenta de s’enfuir. Mais le canidé était bien trop rapide et le saisit au mollet pour le faire tomber. Dans un grondement la vie de l’homme s’éteignit à son tour. Le silence retomba jusqu’à ce qu’un sifflement se fasse entendre.
La louve fit volteface. Ses babines ensanglantées retroussés sur sa dangereuse dentition. Sa fourrure grise aux reflets de lune hérissée de na nuque à l’échine. Un grondement bestial sortant de sa gorge et une posture défensive avertissaient l’homme que s’il s’approchait elle lui sauterait à la gorge aussi.



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Derek Curtis

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Ven 22 Mai - 9:21

Grosse erreur, n'est ce pas...? Siffler après un loup...! Et un garou, tant qu'à faire! Après un chien à la rigueur, mais un loup...! Franchement, quelle idée! Il n'y avait sans doute pas de meilleures façon pour vexer un canidé à la puissance et à la mâchoire aussi impressionnante! Alors quoi? Qu'est ce que je devais faire...? Tenter de rattraper le coup serait une très bonne idée, mais comment? Immobile, et silencieux, je réfléchissais à toute vitesse. A n'importe quel moment la créature pouvait décider de me prendre en chasse. J'osais espérer que malgré ma double nature, la première chose que sentirait ce chasseur serait mon sang de loup. Alors là peut-être, il comprendrait.

«Bon, écoute, j'avoue que ce que je viens de faire, ce n'était sans doute pas la meilleure façon de...»

Alors que petit à petit je m'étais avancé dans sa direction, je m'étais brusquement arrêté. La position de l'animal, son comportement et le grondement qui venait de jaillir de ses babines ensanglantés, tout confirmait qu'il était sur ses gardes et qu'il n'appréciait pas particulièrement que je me rapproche de lui. Bon, okay, ce n'était pas super sympa de ma part de l'avoir sifflé comme ça, mais enfin...! De là à me grogner dessus...!

«Okay, okay...! Ca va, j'ai compris, j'aurais pas du faire ça, mais tu crois pas que...!»

Une nouvelle fois, je me taisais brutalement. Mais pas pour les mêmes raisons cette fois. Comment ne l'avais-je pas remarqué plus tôt...? Ce poil aussi dense et aussi particulier, cette odeur... Et même ce grognement. C'était plus qu'évident désormais. Ça ne pouvait être qu'elle. Mais alors pourquoi être aussi... Autant... Sur le qui vive? Ne m'avait-elle pas reconnu? Le mieux était encore de lui demander à elle. Soupirant, je récupérais la lanière de cuir qui me servait à nouer mes cheveux, les libérant ainsi, avant de faire de lents pas vers le canidé. Les mains bien en avant pour lui montrer qu'elle ne craignait rien, je m'avançais vers elle d'un pas léger et souple sans faire le moindre geste brusque qui pourrait être mal interprété. Une fois assez proche, je stoppais net tout mouvement.

«Hey, doucement...! Je ne te veux aucun mal...»

Le bon moment, c'était maintenant. Je me jetais alors brusquement sur elle et la bloquais aussitôt, attrapant sa mâchoire entre mes bras avant de venir nouer fermement autour la lanière de cuir. Ça ne teindrait pas bien longtemps, et il me faudrait donc faire vite. Mais c'était loin d'être gagné! En plus de se débattre, la louve tentait évidemment de libérer ses crocs. Décidant de tenter le tout pour le tout, je l'attrapais brusquement, refermant mes bras autour d'elle, et tentais de la traîner tant bien que mal jusqu'à la forge qui n'était pas très loin. Bien qu'elle ne se laissait pas faire, j'arrivais néanmoins à mes fins et finissait par prendre le dessus sur elle. La bloquant au sol, je venais me glisser au dessus d'elle pour ne pas que se perdent des coups de pattes.

Légèrement essoufflé, je me penchais doucement vers elle.

«Allez, ça suffit maintenant. Je ne sais pas ce qui a bien pu t'arriver, mais ce n'était pas une raison pour me gronder dessus...!»

Soupirant, je la maintenais ainsi toujours fermement.

«Soit sympa, et calme toi un peu, tu risquerais de réveiller les gamins...! Et j'ai pas envie de leur expliquer pourquoi je viens de te traîner jusqu'ici...!»

Marquant une pause, je plantais mon regard dans le sien et relâcher finalement très légèrement mon étreinte.

«T'es en sécurité, ici. Personne ne se jettera sur toi quand tu reprendra ta forme humaine.»



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Sélénia Gilian

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Lun 25 Mai - 19:20

La louve grondait, menaçante à mesure que l’homme approchait. Il venait doucement comme pour ne pas froisser l’animal. La seule chose qui faisait qu’elle ne lui avait pas sauté dessus était le ton de sa voix, calme, apaisante et… familière ? Il était tout proche et lui sauta dessus sans crier gare. L’effet de surprise lui permit de nouer une lanière de cuir pour l’empêcher de mordre. Comme beaucoup de prédateurs sa mâchoire était puissante pour se refermer, pas pour s’ouvrir. Secouant furieusement la tête elle tenta de se dégager, s’aidant de ses pattes avant pour ôter le lien. Mais son adversaire était fort et déjà l’emmenait. L’animal se débattait comme un beau diable. Pourtant il fut emmené dans un lieu clos et qui lui cachait la douce lumière de la lune. Prisonnière entre le sol et son assaillant la louve ne pouvait fuir. Mais lorsqu’elle croisa son regard, ses mots trouvèrent éco dans ses oreilles, rappelant doucement son esprit humain. Il relâcha doucement son étreinte et elle cessa de se débattre.

Les yeux gris toujours fixés sur ceux qui leur faisait face, le museau du loup redevint visage, ses pattes puissantes des bras et des jambes frêles, la fourrure argentée laissa place à une peau pâle et à une chevelure qui s’étalait sur le sol. Sélénia dévisagea longuement Derek avant de lever ses mains et de les observer comme si elle ne les reconnaissait pas. Les tournants lentement et les fixant avec attention. Cela faisait des jours qu’elle ne vivait qu’en accord avec ses instincts, des jours que son esprit humain était lointain. Même si son apparence était revenue à la normale, son esprit était encore trouble, laissant cohabiter un moment la louve et la demoiselle.

Le regard curieux parcouru les lieux, reconnaissant cet endroit où elle était déjà venu. Humant l’air elle en reconnu l’odeur. Les yeux fermés, suivant son odorat elle se redressa, forçant ainsi le demi-loup à se redresser à son tour. Elle s’approcha de lui pour venir enfouir son visage dans son cou. Oui, elle connaissait cet homme, simplement la colère l’avait aveuglé. A présent elle regrettait d’avoir été si agressive. Lentement le bout de son nez effleura la gorge de Derek, remontant le long de sa mâchoire et de sa joue. Puis la jeune fille rouvrit les yeux et lui lécha la joue du bout de la langue. Geste affectueux qu’un canidé aurait eu avec un de ses congénères.

La jeune femme se recula un peu de manière à pouvoir le voir. Un sourire tendre se dessina sur son visage. Mais les souvenirs du soir où elle avait quitté le Loup Edenté lui revinrent. Voilant son regard de tristesse, son père était brisé, elle l’avait laissé là après une ultime révolte. Mais au moins les apparences étaient sauves, tout le monde croirait qu’il n’a plus de lien avec elle, que faire pression en utilisant leur relation serait inutile. Au moins elle pourrait rejoindre les résistants sans se préoccuper de faire courir des risques aux autres… A la tristesse se mêla la colère, déjà que la royaume avait ses propres problèmes en interne, voilà que des étrangers venaient piller, brûler, tuer. Ravageant les terres et s’installant comme chez eux. Il n’était plus temps de faire cas des futiles tensions entre les races, il fallait s’unir pour préserver cette terre qui était leur. La louve ne laisserait pas ces gens fouler son territoire sans tâter de ses crocs.

Ces émotions dans son esprit encore trouble se heurtaient dans un flot incessant. La jeune femme se mit à trembler. Lentement elle vint nouer ses bras derrière na nuque de Derek, puis en enfouissant son visage dans son cou, elle pressa son corps nu contre lui sans pudeur. Ses pensées n’étaient pas encore assez claires pour percevoir l’indécence de son étreinte. Elle avait besoin de réconfort, de se sentir en sécurité et apaisé. Etrangement à cet instant il lui semblait que cet apaisement ne pourrait venir que de lui.

- Pardonne-moi…

Ses mots étaient murmurés au creux de son cou, articulés lentement comme si elle avait encore du mal à communiquer normalement. Ce qui était le cas, ses réactions étaient de prime abord instinctives, mais avec de la réflexion son comportement se faisait plus humain. Cette étreinte par exemple, plus « normale » que le fait de lui lécher la joue.



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Derek Curtis

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Mar 26 Mai - 10:00

Le regard planté dans celui de la louve, je restais aussi immobile que possible pour ne pas qu'elle m'échappe. Et puis brusquement, elle cessa tout mouvement, ne se débattant plus, se laissant simplement faire. Presque aussitôt, l'animal commença à s'effacer au profit de son maître qui reprenait peu à peu le dessus sur ses instincts. Le museau, puis les pattes et le restant du corps. Petit à petit Sélénia redevenait celle qu'elle avait toujours été. Et c'était franchement rassurant. De la voir me grogner dessus tout à l'heure m'avait énormément surpris. Alors, lorsqu'elle eut enfin terminé de reprendre forme humaine, je ne pu m'empêcher de laisser un large sourire étirer mes lèvres. Ainsi silencieux, je la regardais observer ses mains comme si cela faisait des siècles qu'elle ne les avait pas revus. Je devinais à son regard curieux, à son attitude qu'elle avait laissé la louve prendre le dessus, sans doute bien plus qu'une nuit.

La laissant faire, je me redressais à mon tour, m'accroupissant face à elle alors qu'elle s'approchait prudemment. Je devais avouer que j'étais assez surpris de la voir enfouir son visage dans mon cou, mais je restais immobile néanmoins, préférant la laisser reprendre doucement ses esprits. La brusquer ne servirait à rien. Je me laissais donc faire, détournant un peu les yeux et frissonnant brièvement au contact du bout de son nez sur ma peau. J'avais conscience que son comportement était encore celui d'un animal, et c'est pourquoi je préférais ne pas la bousculer. Vu l'état dans lequel elle se trouvait actuellement, la presser ne ferait que la rendre plus agressive.

Puis, alors qu'elle reculait un peu, je la vis se mettre à trembler. Pour quelles raisons...? Je n'en avais aucune idée. Peut-être que les derniers événements lui avaient laissés des souvenirs amers, ou peut-être avait-elle simplement froid. Je n'en savais trop rien. Du moins jusqu'à ce qu'elle vienne enrouler ses bras autour de ma nuque tout en venant se presser contre moi. Non pas que cela me dérangeait mais... A vrai dire, elle était entièrement nue, et je devais avouer que la situation était légèrement inconfortable pour moi. Hésitant, je me pinçais faiblement les lèvres avant de laisser mon regard dévier dans la salle, comme si, quelque part, il y avait une solution inscrite sur l'un des murs.

Je ne m'attendais pas à cette réaction, mais je ne pensais pas non plus qu'elle prendrait également la parole. C'était bon signe, cela signifiait que la louve reprenait peu à peu sa place, et que Sélénia reprenait le contrôle. Je soupirais alors, et me détendais enfin. Glissant lentement mes doigts dans ses cheveux, je venais poser mes lèvres sur sa tempe et fermais brièvement les yeux.

«Ce n'est rien, ne t'en fais pas. Le principal, c'est que tu ailles bien.»

Enroulant à mon tour l'un de mes bras autour d'elle, je la ramenais doucement contre moi et la serrais délicatement dans mes bras tout en inspirant longuement.

«Je crois comprendre pourquoi tu t'es transformé aussi longtemps...»

Je pensais en effet avoir une petite idée sur la question.

«C'est à cause d'eux, n'est ce pas...?»

Lentement, je venais attraper son poignet que je levais jusqu'à mes yeux. Elle n'avait pas été marqué, cela faisait donc au moins une dizaine de jour qu'elle avait sa forme de louve. Si elle n'avait pas repris forme humaine entre deux. Ce dont j'étais un peu près sûr.

«Tu as eu de la chance de ne pas te faire prendre. Je ne suis pas sûr qu'il aurait fait la différence entre...»

«Derek... J'ai fais un cauchemar...»

Je me taisais brusquement et me tournais vers ma droite. Dans l'encadrement de la porte, Nemeroff était apparus, se frottant les yeux encore emplis de sommeil. Ce n'était franchement pas le moment...!

«C'est qui la dame toute nue...?»

Un peu plus réveillé, le gamin désignait la louve du doigt. Je grimaçais alors. Que faire...?

«Ce n'est rien, Nemeroff, retourne te coucher. J'arrive.»

Hésitant, le gosse sembla peser le pour et le contre et finalement se décida à retourner s'allonger dans la couchette improvisé que j'avais fabriqué pour lui et ses frères, ainsi que sa sœur. Je soupirais alors de soulagement. En espérant que d'ici demain matin, il aurait complètement oublié la scène.



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Sélénia Gilian

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Jeu 28 Mai - 10:46

Les gestes doux de Derek calmait les tremblements de la louve, apaisée d’être ainsi dans ses bras. Lorsqu’il les évoqua elle se figea légèrement. L’observant étrangement lorsqu’il parla de marque. Un tas de questions fusaient dans son esprit trouble. Visiblement elle avait manqué quelques détails non négligeables. Alors qu’elle allait reprendre la parole une voix juvénile se fit entendre. Surprise la louve se tendit avant de se calmer en voyant l’enfant à moitié endormi. Depuis quand y avait-il des enfants ici ? Observant l’échange bref les sourcils froncés, la jeune femme tenta de comprendre. Lorsque le garçon reparti la louve se tourna vers Derek, saisit son poignet pour y voir le numéro. Ses yeux s’arrondirent et sa mâchoire se crispa. Ces pourritures osaient numéroter les habitants comme du vulgaire bétail ?! La colère remonta doucement.

- A quoi servent ces numéros ?

Consciente de son ton sec elle se radoucit un peu. Son ami n’y était pour rien. Baissant les yeux au sol la demoiselle repris plus calme.

- Excuse-moi… Je ne sais plus trop ou j’en suis…

Assise sur ses talons, Sélénia se remémora une fois de plus son départ de l’auberge. Nul doute que son père l’avait très mal vécu.

- Il y a quelques jours on a appris que Reira avait été tuée et que l’armée noire approchait du village. Tous les loups attendaient après mon père des ordres. Se reposant sur celui qui s’était déjà illustré lors de la dernière guerre… Mais comme à la mort de ma mère, le chagrin l’a rendu faible et passif…

Ses mots dénotaient l’amertume de ces souvenirs.

- Je ne pouvais pas rester là à attendre qu’ils viennent nous voler notre liberté. Alors je suis parti… Depuis je n’ai pas repris forme humaine… Tu dois t’en douter…

Regardant vers la porte d’où était arrivé le petit la louve sourit un peu. Elle avait mis la pagaille à côté de chez le forgeron, lui avait grondé dessus, et pour couronner le tout l’avait mis dans une situation embarrassante. Se redressant la jeune femme attrapa la cape de Derek pour cacher un peu sa nudité.

- Excuse-moi pour tout ça… Je ne voulais pas t’embarrasser…

La demoiselle des loups fit quelques pas en direction de la sortie puis s’arrêta.

- Je vais m’engager dans la résistance, rester les bras croisés c’est pas pour moi.

Se retournant lentement elle plongea ses yeux gris dans ceux du demi-loup.

- Et comme je ne sais pas de quoi demain sera fait…

S’approchant de lui, elle glissa sa main sur sa nuque pour l’attirer à elle. Délicatement elle déposa un baiser tendre sur ses lèvres. Une fois le baiser rompu elle lui adressa un sourire radieux avant de repartir. Satisfaite d’avoir exprimé ses sentiments, la jeune femme pouvait faire ce qu’elle avait à faire sans regrets. Sachant pertinemment que c’était dangereux et que la guerre ne fait pas de cadeaux, au moins elle aurait le cœur tranquille.



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Derek Curtis

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Jeu 28 Mai - 16:13

Je soupirais, soulagé, en voyant le gamin se décider à retourner se coucher. J'avais bien sentis la louve se crisper dans mes bras, et étant donné qu'elle n'avait pas encore tout à fait repris ses esprits, elle était complètement imprévisible. Donc, plus bref était l'échange, mieux c'était. Haussant un sourcil, je me retournais vers Sélénia et me laissais sagement faire, la laissant donc lire le numéro à trois chiffres qui se trouvait sur mon poignet. Ce qui, au final, n'était peut-être pas une bonne idée. Je sentais bien que l'idée que l'on nous marquait l’écœurait, et l'énervait. Ça se comprenait parfaitement, moi-même si j'avais pu, j'aurais catégoriquement refusé de me laisser faire. Mais pour mettre les gosses en sécurité, le mieux à faire avait été de ne pas protester. Ce tatouage servirait au moins à me rappeler qu'un jour, j'avais sauvé la vie à quatre gamins.

Je soupirais, murmurant un simple «ce n'est rien» à ses excuses, puis baissais les yeux sur elle. Elle avait encore du mal, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Après tout, elle avait laissé son humanité de côté pendant un certain temps... Et comme les loups n'agissaient que sur la base de sentiments, d'émotions et de pulsions... Il était normal qu'elle s'emporte vite. Immobile et silencieux, j'écoutais attentivement ses explications. Je comprenais maintenant pourquoi elle avait agis ainsi. Elle avait vu son père anéantis pour la seconde fois de sa vie, et elle n'avait pas supporté ça. En plus d'être un bon moyen de défense, prendre sa forme de louve avait aussi été une échappatoire, un moyen de ne plus penser à tout ça.

Suivant son regard, je me tournais vers la porte et grimaçais légèrement. Je ne vis pas ses lèvres s'étirer un sourire, et à vrai dire, je ne m'attendais pas à ce qu'elle tente déjà de me fausser compagnie. Aussi, lorsqu'elle se releva et s'enroula dans ma cape, je haussais un sourcil avant de me lever à mon tour. Qu'est ce que...? Alors qu'elle allait vers la sortie, j'entrouvrais les lèvres pour l'en empêcher jusqu'à ce qu'elle reprenne la parole, me coupant aussitôt. Je me taisais alors et plongeais brièvement mon regard dans le sien. Je détournais rapidement les yeux malgré moi, prêt à lui dire qu'elle ne devrait probablement pas faire ça, quand elle s'approcha de moi. Elle était tout prêt, et pourtant... Pas une seule seconde je n'eus la pensée qu'elle allait m'embrasser.

C'est néanmoins ce qu'elle fit. Surpris, j'écarquillais les yeux et la regardais s'éloigner sans avoir eu le temps de réagir. Sans plus réfléchir, je l'attrapais par le poignet.

«Attends!»

Je la tirais aussitôt vers moi, l'un de mes bras venant s'enrouler autour d'elle pour la maintenir contre moi tandis que l'autre main venait se poser sur sa joue. A mon tour, je l'embrassais, pressant mes lèvres contre les siennes comme si j'en avais eu terriblement l'envie et que je m'étais retenue de le faire pendant tout ce temps. Ce qui était presque le cas, à vrai dire. Je lui volais un premier baiser, et ne pu m'empêcher de lui en donner un second, mon autre main venant également attraper son visage. Là, nos lèvres se séparèrent et les miennes se posèrent légèrement sur son front.

«Je te préviens, après ça, t'as pas intérêt à y passer...»

Alors que je reculais d'un pas pour plonger mon regard dans le sien, j'entendis brusquement un bruit à l'extérieur, non loin de la forge. Je fronçais alors les sourcils, et relâchais Sélénia pour attraper le seau qui traînait dans un coin.

«Reste là. Je vais voir ce qu'il se passe.»

Si je l'avais entendu, elle l'avait forcement entendu elle aussi. Me dirigeant moi-même vers la sortie, je faisais mine d'aller vers le puits non loin de là. Mais à peine eus-je le temps de faire quelques pas à l'extérieur qu'une silhouette se jetait brusquement sur moi et m’entraînait dans un roulé boulé sur plusieurs mètres. Tandis que je tentais de reprendre mes esprits, un visage familier entra dans mon champ de vision, me faisant écarquiller les yeux.

«Qu'est ce que...?»

«Cela t'étonnes, n'est ce pas...? Tu ne pensais pas que je te chercherais...!»

Ma mâchoire se crispant aussitôt, je laissais échapper un grondement mauvais qui se termina en râle alors qu'elle venait violemment planter ses crocs dans le bras que j'avais eu le réflexe de lever en la voyant s'approcher. Elle avait fait exprès de se montrer aussi indélicate, afin de m'en faire baver le plus possible. Comme à chaque fois qu'elle m'avait mordu, d'ailleurs...! A califourchon sur moi, elle avait une position dominante qui lui donnait un avantage à ne pas négliger. Bientôt, ses doigts se refermèrent sur ma gorge qu'elle serra de toutes ses forces. Elle avait beau être une femme, elle était doté d'un pouvoir incomparable chez les vampires. Étant donné qu'elle était un sang pur et qu'elle descendait d'une longue lignée de sang pur, elle avait une force incommensurable. Ce n'était pas pour rien que toutes mes tentatives de lui échapper à l'époque avaient toutes échouées...!

Attrapant son poignet, je serrais à mon tour aussi fort que possible afin de tenter de lui faire lâcher prise.

«Bresice...!»

Le sourire qui s'afficha sur ses lèvres à ce moment là me fit bien comprendre que si elle était ici, ce n'était pas pour jouer.

«Qu'y a-t-il, Derek...? Es-tu si content de me retrouver que tu en perds tes mots...?»



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Sélénia Gilian

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Lun 1 Juin - 18:59

Alors qu’elle partait, Sélénia se senti tiré en arrière et attirée tout contre le demi-loup. Elle ouvrit des yeux ronds lorsqu’il l’embrassa à son tour. Puis fermant doucement ses paupières elle profita de cet instant de paix en enroulant à son tour ses bras autour de lui. Elle n’avait pas trop réfléchis à la question de si ses sentiments étaient partagés ou non. Suivant juste son instinct et ses envies. Mais au vue du baiser qu’il lui donner, elle ne doutait pas de son attachement et au moment elle n’y pensait même pas. Leurs lèvres se séparèrent un instant pour se retrouver en un autre baiser, que la jeune femme rendit avec ferveur. Les mots de Derek la firent sourire.

- Toi non plus !

Mais un bruit interrompit ces touchantes déclarations. Laissant la louve dedans, Derek parti voir. Humant l’air elle capta une odeur vampirique. Aussitôt elle s’avança jusqu’au pas de la porte. Se stoppant net en voyant une femme sauter sur son ami. Au vue de l’expression de ce dernier, il la connaissait. Songeant à l’enfant qui dormait dedans, Sélénia referma la porte et se retourna vers les deux autres. Cette saleté venait d’enfoncer ses crocs dans la chair du forgeron.
Le sang de la demoiselle des loups ne fit qu’un tour. S’élançant vers eux un cri sorti de sa gorge, se terminant dans un grondement mauvais.

- NE LE TOUCHES PAS !

La jeune fille sauta, et les pattes de la louve atterrirent sur le vampire en l’entrainant dans un nouveau roulé boulé. Il n’avait fallu qu’une seconde pour qu’elle change de forme. Si sa force était moins importante que celle de son père, sa vitesse était son atout. Elle s’était entrainée pour maitriser sa métamorphose à la perfection. Au point de pouvoir se changer en loup en pleine course sans ralentir.

Grondant l’animal avait enfoncé ses crocs dans l’épaule de la femme et en arracha un beau morceau de viande avant de le recracher plus loin. Un cri sorti de la gorge de la créature. Rapidement le grondement de la louve couvrit sa voix. On aurait pu croire qu’elle avait à nouveau perdu l’esprit. Mais la louve et la jeune fille ne faisait qu’un, la balance penchait vers l’un ou l’autre que lorsque c’était nécessaire.

Les yeux gris fixaient cette femme qu’elle ne connaissait mais qu’elle détestait déjà. On ne touchait pas ceux qu’elle aimait. Que ce soit à la mort de sa mère, d’autres loups, lorsque son père avait été au plus mal pour la seconde fois, ou maintenant. Jamais la louve ne laissait passer ça.
L’immortelle envoya un coup puissant dans le flanc du canidé qui atterri plus loin dans un gémissement. Rapidement l’autre prit le dessus mais un coup de patte laissa son visage marqué de longues griffures. Se voir ainsi dévisagé énerva encore davantage la folle.

L’animal en profita pour mordre et d’une forte poussée des pattes l’envoyer rouler plus loin. Se redressant d’un bon, la louve se plaça entre Derek et la vampire. Dos à son ami, face à son ennemie. La fourrure hérissée sur l’échine, les babines retroussées sur ses crocs blancs. Un grondement s’échappait de sa gorge et nul besoin d’être loup pour le comprendre. Elle ne passerait pas ! Se relevant la femme ricana en regardant Derek et Sélénia.

- C’est ton nouveau chien de garde ?

La louve n’apprécia pas la remarque et gronda plus fort. Sa queue battant l’air de mécontentement.



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Derek Curtis

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Lun 1 Juin - 20:49

J'étais bloqué. Coincé par terre, épinglé au sol comme un vulgaire insecte. Tout ce que j'étais capable de faire, c'était resserrer mon emprise sur le poignet qui m'étranglait petit à petit. Et plus je le faisais, plus ses doigts se refermaient sur ma gorge. J'avais bien essayé de la repousser, mais le manque d'air eut tôt fait de saper mes forces. Je rassemblais l'énergie qu'il me restait, prêt à tout pour reprendre le dessus, quand un grondement mauvais parvint jusqu'à mes oreilles. J'eus à peine le temps de me tourner légèrement sur ma gauche que bientôt, une louve au pelage argenté se jeta sur la buveuse de sang, l’entraînant un peu plus loin dans un roulé boulé, et l'obligeant ainsi à lâcher prise.

Profitant du bref moment de répit, je me tournais sur le côté et toussais longuement alors que l'air pénétrait à nouveau mes poumons. Reprenant tant bien que mal mes esprits, j'entendis un cri retentir, celui de Bresice qui hurlait de douleur. Je me retournais alors juste à temps pour voir l'animal et la vampire se battre, cette dernière recevant un violent coup de patte alors qu'elle avait le dessus. Tandis que le canidé la repoussait, je me relevais et jetais un rapide coup d’œil sur mon bras où les traces de morsures disparaissaient déjà. Debout, je plongeais ensuite mon regard dans celui de la femme qui m'avait si longtemps retenu dans l'une de ses cages. A ses paroles, je grimaçais, préférant ne rien répondre. Ce n'était qu'une provocation, une de plus parmi tant d'autre. Mais une de trop. Désormais, elle était là...

Maintenant que j'y pensais... Il était temps que je lui fasse comprendre l'erreur qu'elle avait commise en s'en prenant à l'hybride que j'étais. Ses blessures se régénérait déjà, et même si il lui faudrait un certain moment pour récupérer complètement, elle savait très bien que ça ne la gênerait pas plus que ça pour le combat qui allait suivre. C'était pour ça... C'était pour ça qu'elle souriait, aussi sûre d'elle.

«Cela fait à peine cinq ans que je t'ai relâché, et tu as déjà eu le temps de fonder une petite famille...! C'est charmant...!»

Je continuais de la fixer, immobile et silencieux, alors qu'elle me lançais un de ses regards dont elle seule avait le secret. Un de ses regards dans lequel vous avez l'impression de lire de la compassion, et presque de la tendresse, même... Mais qui au final, vous dégoûte tant il vous rappelle les horreurs que vous avez subit.

«Mais dis moi... Ton amie te fait-elle elle aussi toutes ces choses dont tu raffole...? Te fait-elle elle aussi hurler de plaisir...?»

«La ferme.»

Mon ton était brusquement devenu sec, tranchant, et aussi dur et froid qu'un foutu roc. J'en avais assez. J'avais cru que plus jamais je n'aurais à subir ses sarcasmes. Hurler de plaisir, disait-elle, hein...? Combien de fois lui avais-je répété qu'elle se faisait des idées...? Combien de fois m'étais-je écorché la voix, à crier de douleur alors qu'elle plantait pour la énième fois ses crocs dans ma chair? Combien de temps m'avait-elle manipulé comme un vulgaire pantin...? Bien trop longtemps...! Beaucoup trop, même. Le regard mauvais, j'inspirais bruyamment et faisais un pas dans la direction de la buveuse de sang.

«Ne te mêle pas de ça, Sélénia.»

Je ne marchais plus. Je courais. Droit vers elle, droit vers Bresice. Avant qu'elle n'ait eu le temps de réagir, je poussais un grondement de rage et la percutais brutalement, son corps venant cogner aussi violemment que possible contre un pilier de pierre non loin de là. Alors que son genoux allait venir s'enfoncer en plein dans mon plexus, je le bloquais d'une main et le repoussais aussitôt. J'allais alors me redresser quand son coude vint frapper mon dos. Grognant, j'attrapais son bras et me relevais un peu pour lui mettre un coup en plein dans le ventre avant de reculer de quelques pas. Mes attaques avaient beau être puissante et calculés, elle n'en était pas moins résistante, et ce n'était pas quelques coups aussi bien placés soient-ils qui allaient l'arrêter.

«Alors c'est comme ça que tu me remercie...?»

Haussant les sourcils, je plantais mon regard dans le sien. J'espérais que depuis le temps, elle aurait au moins compris qu'il n'y avait jamais rien eu entre elle et moi, si ce n'est une haine profonde. Mais non... Non, elle y croyait sans doute encore. A toutes ces idioties qui sortaient de sa bouche.

«Si tu voulais un enfant, tu aurais du me le dire... Je t'en aurais donné un...!»

Mon visage se déforma brusquement tandis qu'un rictus haineux étirait mes lèvres. Je ne lui laissais pas le temps d'en dire plus et me ruais de nouveau vers elle, prêt à en découdre, quand des lueurs et des voix attirèrent mon attention, sur ma gauche.

«Qui va là? C'est quoi ce bordel?!»

«Regarde ça! C'est Griff et les autres! On dirait qu'ils ont été bouffés!»

Je grommelais, mécontent de voir les hommes de l'armée noire débarquer maintenant. Ce n'était franchement pas le moment! D'autant plus que si l'on se faisait prendre, il n'y avait aucun doute sur le sort qui nous attendait... Nous serions tous les trois tués. Et les gamins se retrouveraient seuls. Les gamins...! Je me retournais et apercevais les trois silhouettes des enfants qui, probablement attirés par le grabuge, étaient sortis sur le pas de la porte pour voir ce qu'il se passait. Malheureusement, je n'étais pas le seul à les avoir remarqués, le regard de l'un des hommes en noir ayant suivis le mien. J'apercevais alors une lueur malsaine traverser ses yeux en les voyants. Évidemment, c'était à eux qu'ils allaient s'en prendre en premier. Lorsque le type vit que je le fixais, il m'adressa un sourire carnassier avant de se diriger droit vers les gamins.

C'était ce que je m'apprêtais moi-même à faire quand des crocs s'enfoncèrent brutalement dans mon épaule, m'arrachant un râle de douleur. Grimaçant, mon regard chercha celui de la louve.

«Les gamins...!»



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Sélénia Gilian

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Sam 6 Juin - 17:21

La louve observa la scène. Jamais encore elle n’avait vu Derek comme ça. La colère émanait de lui, comme si elle était visible et palpable. Jamais elle ne l’avait vu se battre non plus, et il fallait avouer qu’elle était impressionnée. Mais les mots de cette femme la mettaient hors d’elle. Il était facile de deviner qu’elle avait connu Derek et que c’était probablement celle qui l’avait retenu captif par le passé. Le combat s’annonçait difficile au vue de la force des deux adversaires.
Soudain d’autres voix se firent entendre. Des soldats ennemis ! La louve croisa le regard de son ami et le suivit. Trois petites têtes blondes pointaient le bout de leur nez par la porte de la forge. Un des soldats s’en approchait avec un sourire mauvais. En trois longues foulées la louve se retrouva devant la porte. Les enfants la regardèrent un peu inquiets. Quoi de plus normal face à une bête qui pouvait les tuer d’un coup de patte et qu’ils avaient entendu gronder peu de temps auparavant. Mais l’animal les poussa à l’intérieur d’un coup de museau avant de faire face à cet homme qui leur voulait du mal. Instantanément son échine se hérissa, ses babines se retroussèrent sur ses crocs et un grondement sourd sortit de sa gorge. Le message était clair : un pas de plus et je t’arrache la gorge. Mais l’homme ne prit pas la menace au sérieux et la demoiselle des loups bondit. Renversant l’homme sous la puissance de l’impact et refermant ses crocs sur son épaule. Cette dernière vit quelques os se briser et sa chair profondément entamée. Il frappa l’animal au flanc ce qui n’eut pour effet que de lui faire lâcher son épaule pour refermer sa gueule sur sa gorge et ainsi l’étouffer. Les deux autres ne durent pas apprécier.

- C’est cette chose qui a tué les autres !

Ils s’élancèrent armés de leurs lances leurs mouvements étaient plus amples et donc plus lents. Sélénia les évita sans mal car ils étaient désordonnés et attaquaient comme si c’était une simple bête. Or son esprit était aussi humain et elle comprenait leurs mouvements. Aussi quand l’un d’eux misa sur un coup direct, l’animal bloqua la lance dans sa gueule et la brisa entre ses crocs. Heureusement pour elle l’arme avait la pointe en métal mais le reste en bois. L’homme désarmé recula. Son compagnon à présent seul était bien moins assuré.

Il hésita un instant, erreur qui suffit à la louve pour bondir et le faire tomber. Sa tête heurta le sol dur avec un drôle de bruit et il ne bougea plus. L’autre tentait de fuir discrètement. Quel imbécile. S’élançant la demoiselle des loups le heurta de plein fouet et l’envoya contre un mur. La rencontre avec ce dernier l’assomma. Débarrassé des gêneurs, ils pouvaient maintenant se concentrer sur l’autre menace.

Se souvenant des paroles de Derek, la louve ne s’en mêla pas. C’était son ennemie et elle comprenait qu’il veuille s’en défaire seul. Pourtant elle ne les lâcha pas des yeux, prête à intervenir si la situation tournait mal.

Un petit bruit se fit entendre, se tournant vers l’entrée de la forge la louve vit un des enfants, celui qui les avait surpris un peu plus tôt.

- Derek ?

Il semblait inquiet. Ce genre de spectacle n’était pas pour lui. L’animal s’approcha doucement pour ne pas l’effrayer davantage. Puis doucement, du bout du museau elle l’attira à elle. Lui cachant ainsi la vue de ce qu’il se passait dehors et le rassurant dans ce qui ressemblait à une étreinte. L’enfant était ainsi à l’abri, protégé par la louve qui gardait l’entrée de la forge et agréablement blottis dans la fourrure douce.



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Derek Curtis

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Lun 8 Juin - 16:04

Sélénia avait compris mon appel, et elle s'était aussitôt dirigé vers la forge, prête à défendre férocement les gamins qui s'y trouvaient. C'était tout ce que je demandais. J'avais pleinement confiance en elle, et en ce qu'elle était capable de faire. Je n'avais aucun doute sur l'issue de l'affrontement qui l'attendait, aussi, c'est l'esprit tranquille que je pu reprendre mon propre combat.

Grimaçant un sourire mauvais, je venais tendre le bras pour le passer au dessus de l'épaule opposé, afin de venir attraper fermement le crâne de la buveuse de sang entre mes doigts. Étouffant un juron alors que je la sentais s’empiffrer de mon sang, je resserrais fortement mon emprise, enserrant sa tête d'une puissante pression. Un léger craquement se fit entendre, rapidement suivit d'une expression de stupeur. Si elle voulait m'échapper, il lui fallait forcement retirer ses crocs de ma chaire. Ce que bien évidemment elle fit, avant de repousser mon bras et de reculer de quelques pas. Je me retournais alors complètement vers elle, les traits de mon visage se déformant en un rictus pendant que sa capacité de régénération prenait le relais pour assurer la guérison des dégâts occasionnés.

Le souffle légèrement court, nous échangions tous les deux un regard dans lequel chacun pouvait aisément y lire la force de nos propres sentiments avant de se jeter à nouveau l'un sur l'autre. Plusieurs échanges de coups eurent lieux, le rythme de renouvellement de mes cellules ne suivant pas celui bien plus rapide de Bresice qui, elle le savait, lui accordait ainsi un véritable avantage. Si j'étais plus fort qu'elle, mes blessures me fatiguaient bien plus rapidement et si cela continuait, elles finiraient par m'envoyer à la mort.

La poitrine se soulevant à un rythme irrégulier et rapide, le souffle désordonné, je cherchais à évaluer la distance qui nous séparait, elle et moi. Il n'y avait probablement pas plus de dix mètres. Au moindre de mes mouvements, elle aurait tôt fait de se jeter sur moi, et de me blesser plus gravement encore que je ne l'étais. Qu'est ce que je devais faire...? Mes doigts vinrent agripper mon épaule dont s'échappait des filets de sang et à travers laquelle la vampire venait de tenter de faire passer sa propre main. Heureusement pour moi, elle n'avait pas eu le temps de ressortir ne serais ce que la pointe de ses ongles de l'autre côté. J'avais étonnamment réussis à me dégager juste à temps, mettant ainsi un espace entre nous.

Il y avait cette blessure, et il y avait aussi les quelques couteaux d'argent qu'elle s'était amusé à me lancer, aux moments où je ne pouvais esquiver. Si ces derniers ne pouvaient me blesser gravement, étant donné qu'ils ne faisaient que peu de dégâts, l'argent qui les constituaient avait néanmoins le mérite de grignoter petit à petit mes forces. Je grondais, mécontent de la situation, et récupérais trois de ses cinq poignards pour les lui renvoyer. Son attention se portant sur ses derniers alors qu'elle les esquivait habillement, j'en profitais pour me diriger droit vers elle.

Je n'étais pas aussi rapide qu'elle, et elle me vit arriver dans sa direction bien avant que je ne me retrouve à portée de main. Elle aussi utilisa sa vitesse naturelle pour se retrouver face à moi. S'abaissant brusquement, elle utilisa son élan et le mien pour me faucher les jambes, me faisant alors effectuer un roulé boulé sur le sol avant de m'arrêter un peu plus loin. Je n'eus pas le temps de réagir plus qu'elle était de nouveau sur moi. Le bras tendu, elle visa expressément ma gorge. Probablement s'était-elle lassé de ce qui devait être un simple jeu à ses yeux. Je l'arrêtais de justesse, tenant fermement son poignet entre mes doigts, et tentais à mon tour une attaque.

A son tour, elle referma sa main autour de mon bras, m'empêchant de lui trouer la poitrine. Je grimaçais, une lutte s'engageant tandis que chacun de nous faisait de son mieux pour résister face à la puissance de l'autre.

Et puis brusquement, je relâchais son bras, mes doigts se glissant sous ce dernier. Je lâchais alors un râle de douleur, sa main ayant effleuré mon cou et entaillé une partie de mon épaule au passage avant de rouvrir les yeux et de les planter dans les siens, écarquillés de surprise. Elle m'avait peut-être touché, mais mon poing avait percé sa cage thoracique, jaillissant du côté de son dos. Entre les doigts, je tenais fermement ce qui devait être le cœur de la vampire. Un sourire étirant mes lèvres, je pressais l'organe dans ma main, le faisait presque aussitôt éclater.

Même si cette blessure était sévère et qu'elle risquait d'avoir énormément de mal à s'en remettre, ce n'était pas suffisant. J'estimais qu'elle méritait bien pire encore. Je sentis brusquement la frustration et la colère remonter en moi, m'assoiffant de vengeance. Je retirais alors violemment mon bras, envoyant valser plus loin le cœur déjà mort de Bresice, et grommelais alors que son corps s'écrasait brutalement sur le mien. Si je pensais qu'elle n'était plus de ce monde, je me trompais... Alors que je m'apprêtais à me redresser et la repousser, je sentis un souffle s'échapper d'entre ses lèvres. Un faible murmure me parvint alors, dont les trois quart des mots étaient incompréhensibles. Il n'en fallut pas plus néanmoins pour que mes yeux s'arrondissent de surprise petit à petit, mes lèvres s'entrouvrant sur le coup.

Une peur insondable me tordit brutalement l'estomac. Je refusais d'en savoir plus, je ne voulais en aucun cas connaître la suite...! Je balayais soudainement son corps, et la faisais dévaler un peu plus loin avant de moi-même rouler sur le côté, dos à elle. Pétrifié sur place, je fixais le sol et frappais violemment du poing tandis qu'elle rendait enfin son dernier soupire.



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Sélénia Gilian

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Ven 12 Juin - 23:02

De coin de l’œil la louve observa le combat à mort qui se déroulait dehors. Cachant le spectacle aux enfants mais frémissant dès que le demi-loup se retrouvait en mauvaise posture. Il lui fallait une grande volonté pour ne pas se ruer là-bas. Voir cette femme blesser celui qu’elle aimait l’incitait à laisser parler la louve en elle, et même sans parler d’instinct, même sans crocs et avec sa forme humaine, elle lui aurait volontiers arraché la gorge. Mais c’était un fantôme du passé de Derek dont il devait se débarrasser seul. Le final arriva vite et Sélénia retint son souffle. Mais le loup réussi à arracher et détruire le cœur immortel. Finalement le corps sans vie de la femme roula plus loin laissant Derek blessé et visiblement sous le choc des dernières paroles de son ancienne geôlière.

La louve repoussa les enfants doucement à l’intérieur, du bout du museau elle attrapa la cape de Derek par terre. Reprenant forme humaine, la jeune femme cacha sa nudité aux têtes blondes.

- Rentrez s’il vous plaît…

Sa voix était douce mais n’appelait pas à la désobéissance. Le sang qui maculait la ruelle n’était vraiment pas le spectacle idéal pour eux. Aussi ils s’exécutèrent et retournèrent dans le coin de la forge qui semblait leur être réservé. Passant la cape sur ses épaules elle courut vers Derek toujours au sol. L’inquiétude se lisait sur le visage de la demoiselle qui passa ses bras autour de lui, sans se soucier de sa cape qui ne couvrait que son dos et ses flancs. Sans se soucier de rien d’autre si ce n’est du fait qu’il était en vie. Pressant son corps contre le sien dans une douce étreinte, en cet instant elle savourait juste cette crainte qui retombait enfin, le soulagement de n’avoir pas subi de perte. Puis reculant un peu, elle observa son visage. Il semblait sous le choc de propos qu’elle n’avait pu entendre. Le voir ainsi éveilla un tas de questions dans l’esprit de la jeune femme. Qui était exactement cette femme et que lui avait-elle fait ? Pourquoi était-elle revenue maintenant ? Que lui avait-elle dit pour le mettre dans cet état ?

Délicatement, sans le brusquer Sélénia tira son ami pour le redresser et l’entrainer jusqu’à la forge. Là-bas elle l’installa sur une chaise, les petites têtes blondes venant aussitôt s’inquiéter de son état. Comprenant qu’ils vivaient là, la demoiselle des loups leur sourit doucement.

- Allons, laissez-moi au moins le soigner tranquillement. Après je vous le rends et il sera tout à vous !

Hésitant un peu au début, les blessures de leur ange gardien les décidèrent bientôt à aller se recoucher. La louve commença alors par enlever les couteaux qui restaient dans sa chair. L’argent lui brûlant doucement le bout des doigts, laissant sur la peau pâle des traces rouges. Puis avec douceur elle lui ôta la chemise. Saisissant un linge elle le trempa dans l’eau fraiche et lava avec soin le sang qui maculait sa peau à de multiples endroits. Déjà la cicatrisation commençait, pour son plus grand soulagement.

Une fois les plaies propres elle déposa une couverture sur ses épaules. Pensant à le couvrir lui alors qu’elle se baladait nue, drapée seulement d’une cape qui ne couvrait probablement pas grand-chose. Mais elle s’en moquait, son regard mêlait inquiétude et douceur. Il y avait tellement de questions dont elle voulait les réponses, mais par pudeur et par égard pour lui elle ne demanda rien. Laissant simplement sa main caresser doucement sa joue en le regardant droit dans les yeux.

- Quand t’auras envie d’en parler, je serais là…

Sélénia se doutait bien que ce ne serait pas pour de suite, mais souhaitait qu’il le sache tout de même. Des chuchotements lui parvinrent de la pièce d’à côté. Avec un petit sourire aux lèvres elle déposa un baiser sur la joue de Derek et se recula un peu pour lui annoncer.

- Je crois qu’il est temps que je te rende à tes petits protégés, je laisserais la cape devant la porte.

Un peu à contre cœur la louve tourna les talons, pour prendre pour la seconde fois la direction de la porte. Les premiers adieux avaient étaient bien plus touchants. Mais la réalité de la guerre semblait les avoir rattrapés. Lui sauvait des enfants en les hébergeant ici, elle se joindrait bientôt à un groupe de résistants pour mener nombre d’actions illégales. Risquant sa vie chaque jour pour en sauver d’autres. A bien y réfléchir il n’y avait que comme ça qu’elle avait voulu vivre. Mais à ses yeux mourir durant cette guerre en faisant ce qui lui semblait plus était bien plus envieux que vivre vieille en fuyant se cacher. Cette deuxième solution lui paraissait absolument inenvisageable.



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Derek Curtis

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Lun 22 Juin - 14:12

Vous connaissez cette peur...? Celle qui s'insinue en vous comme le ferait un venin, et qui vous ronge de l'intérieur, jusqu'à vous faire mourir à petit feu? C'était comme ça que je le voyais. C'était ça, que je ressentais. C'était évidemment la première fois que je sentais naître ce sentiment de façon aussi brutale et puissante chez moi. Je n'avais pas tout compris... Et le peu de mots qui m'étaient apparus clairement un peu plus tôt me paraissaient affreusement flous maintenant. Est ce que j'avais bien compris, finalement? Est ce que je ne m'étais pas trompé? Peut-être que ce n'était pas du tout cela...! Après tout, je venais de me battre, et même si le combat n'avait pas duré si longtemps que cela, il avait tout de même été intense. Alors... Alors peut-être que...

Appuyé sur un coude, l'autre main au sol, je continuais de fixer inlassablement le sol. Ce n'était pas vrai. Tout ça n'avait été qu'un mensonge de plus de sa part, une façon de me pourrir la vie, même après la mort. Le souffle court, le regard sombre, je ne relevais même pas la tête alors que Sélénia s'approchait de moi. Je me redressais un peu néanmoins alors que ses bras venaient se nouer autour de moi, et passais fébrilement une main dans son dos en la sentant aussi proche. Aussi incroyable que cela puisse paraître, à cet instant, je me sentais un irrépressible besoin de la serrer contre moi, pour ne plus la lâcher. Je ne fis pas attention au fait que mes doigts étaient couvert de sang, et qu'en l'enlaçant ainsi, je couvrais la cape du même liquide rougeâtre. Mais à vrai dire, je m'en fichais pas mal. J'avais juste besoin de la sentir contre moi, et rien d'autre.

Néanmoins, alors qu'elle se reculait, je ne résistais pas. Je la laissais faire, lui offrant à peine un regard alors qu'elle tentait de me tirer, pour m'obliger à me relever. J'eus un peu de mal à le faire, mais je le fis. Debout, je me tenais un peu à elle, et me forçais à marcher jusqu'à la forge, où je me laissais retomber assis sur une chaise. Là, je ne fis ni attention aux gamins, ni à l'ambiance qui régnait dans les lieux. Je ne bougeais pas, j'étais immobile et silencieux. Du moins jusqu'à ce que la louve commence à retirer les couteaux qui étaient restés plantés dans mes chairs. Grimaçant, je me crispais un peu mais ne réagissait pas beaucoup plus.

Puis lorsqu'elle entreprit de me retirer mon t-shirt, je relevais lentement les bras pour l'aider un minimum, et les laissais retomber lorsque ce fut chose fait. Au contact du linge humide et frais sur ma peau, je fermais les yeux, et soupirais longuement. C'était terriblement agréable, et je sentais que j'en avais affreusement besoin. Je me laissais donc faire, me reprenant petit à petit au fur et à mesure du passage de l'eau froide sur ma peau, me redressant un peu pour venir appuyer mon dos contre la chaise. Je relevais alors les yeux vers Sélénia en sentant la couverture qu'elle venait de déposer sur mes épaules, et lui offrais un léger sourire tandis que ses doigts effleuraient ma joue.

Elle était bienveillante, et affreusement inquiète... Il n'était pas bien compliqué de le lire dans son regard. Mais je ne pouvais le lui dire. Je ne pouvais pas lui rapporter les paroles de Bresice. Je n'étais même pas sûr de ces mots, d'ailleurs... Plongeant mon regard dans le sien, je fronçais un peu les sourcils à ses paroles, et tournais la tête vers le groupe de gamins qui ne tarda pas à sortir de sa cachette pour littéralement se ruer vers moi. Leur souriant pour les rassurer, je serrais le petit loup contre moi, et embrassais le front de Zila dont les yeux étaient embués de larmes.

«Ca va, ca va... Ne vous en faites pas, je vais très bien.»

Je me relevais alors, les repoussant gentiment, et attrapais la couverture pour venir la nouer autour de leurs frêles épaules.

«Ne bougez pas, je reviens.»

Je me précipitais aussitôt dehors, et rattrapais Sélénia juste à temps. Refermant mes doigts autour de son poignet, je plantais mon regard dans le sien en soupirant un peu.

«Reste... Tu veux...? Au moins pour cette nuit...»



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Sélénia Gilian

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Ven 3 Juil - 1:16

Les enfants semblaient si heureux de retrouver Derek en un seul morceau. Ces retrouvailles étaient touchantes. La jeune femme sortit de la forge et inspira profondément l’air frai de la nuit. Elle l’avait revu mais cet instant tranquille avait été de courte durée. Levant ses mains vers l’attache de la cape, prête à la dénouer pour revêtir sa peau de louve et silencieusement s’évanouir dans la nuit. Elle n’entendit pas Derek arriver et sursauta lorsqu’il attrapa son poignet. Ses mots la surprirent et elle resta interdite un instant. Puis finalement hocha la tête positivement en entrant à nouveau dans la forge, refermant la porte derrière elle.

Observant les lieux avec attention, la louve vit le hamac de Derek et la pièce d’à côté emménagée pour les enfants. Pas vraiment de quoi accueillir une autre personne. Mais de toute manière elle n’était pas là pour une soirée pyjama. S’avançant vers lui elle hésita un peu avant de poser une main sur son torse, au niveau du cœur.

- Je ne suis pas encore partie que déjà tu te mets dans un sale état… Tu as un don pour m’empêcher de partir sereine.

Après quelques pas pour s’adosser à un meuble, la jeune femme eut un petit sourire.

- C’est une sacré meute que tu as là, ils ont de la chance de t’avoir je pense… Et ils semblent t’adorer. Veille bien sur eux.

Il n’était pas seul au moins et lutter contre cette guerre à sa façon, en protégeant ces enfants qui en avaient besoin. Sélénia avait défié son père, son départ avait probablement signé son départ de la meute au passage. On n’ignore pas ainsi les ordres de l’alpha sans conséquences, même quand on est sa fille. Mais ce n’était pas plus mal ainsi, elle éviterait des ennuis aux siens. D’ailleurs après avoir révélé ses sentiments au demi-loup elle compliquait les choses. Un petit air triste voila ses yeux habituellement rieurs.

- Quant à moi… Si on te demande tu ne m’as pas vu depuis le début de la guerre. Même si c’est mon père ou un autre membre de la meute… Je les ai quittés pour éviter de leur attirer des ennuis donc joue le jeu s’il te plait.

Puis plongeant son regard dans le sien elle ajouta.

- Il vaut mieux aussi que tu dises ne pas connaitre Sîn… Les premiers temps ce sera sûrement ma seule identité…

La discussion prenait un tournant triste et lourd qui déplaisait à la louve. Mais c’était la guerre, il n’était pas temps de faire dans le sentimentalisme. Après un soupir elle adopta à nouveau un sourire qui la caractérisait bien. Désignant le hamac d’un geste du menton elle reprit sur un ton plus léger.

- Vas dormir tu en as besoin. Je veille t’en fais pas, personne ne viendras.

Rapidement la demoiselle trouva un coin débarrassé qui offrait une vue sur la porte d’entrée. Elle s’assit par terre en enroulant la cape autour d’elle, prête à monter la garde toute la nuit pour préserver le sommeil de son ami et de ses protégés. A peine audible fût sa dernière phrase.

- J’espère que cette guerre se terminera vite… Que je puisse te revoir…

Car c’était là probablement la dernière fois qu’elle le voyait avant le retour de la paix. Elle était hors la loi car non marquée et le serait davantage une fois résistante. Pas question de le voir dans ces conditions au risque de lui attirer de gros ennuis. C’était un peu triste, à peine ses sentiments dévoilés qu’ils étaient séparés. Bon, ce n’était pas comme si elle s’attendait à former un charmant petit couple, elle avait montré ses sentiments pour ne pas avoir de regrets. Mais ce baiser qu’il lui avait rendu la troublait, elle ne s’y était pas attendu et en cherchait la signification. Une forme d’au revoir ? Probablement.



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Derek Curtis

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Sam 29 Aoû - 16:08

Le silence qui suivit ma demande fit naître en moi une certaine inquiétude. Après tout, elle aurait parfaitement pu ne pas accepter. Même si nous venions d'échanger un baiser, cela ne voulait pas forcement dire que notre relation avait sauté un stade. J'étais sincère, mais qu'en était-il de la louve? Je ne voulais pas douter d'elle... Pourquoi offrir un baiser, si ce dernier ne signifiait rien? Et puis... Même si je refusais de me l'avouer, ce soir, j'avais terriblement besoin de croire que tout cela était bien réel. J'avais besoin de penser à ça, pour ne pas penser à autre chose. J'avais besoin d'elle, ni plus, ni moins. Alors, lorsqu'elle acquiesça et me suivit à l'intérieur de la forge, je ne pu m'empêcher de sourire malgré les tout récents événements.

A peine étais-je entré que mon regard capta les trois gamins, blottis dans la couverture, et qui m'observaient du coin de l’œil, passant leur tête par le chambranle de la porte. Pouffant de rire en voyant Sélénia entrer à ma suite, Zila eu tôt fait de tirer ses frères avec elle dans la seconde pièce de la forge, me laissant seul avec la rebelle. Je me retournais alors vers elle, juste avant qu'elle n'hésite et ne vienne finalement poser ses doigts frais sur ma peau chaude. J'eus à peine le temps de les effleurer que déjà elle s'éloignait, venant cette fois prendre appuie contre le bar poussiéreux.

Je haussais un premier sourcil en l'entendant, acquiesçant et répondant par un simple «t'en fais pas pour ça» avant de plisser les yeux en voyant son regard changer. Assis sur l'unique chaise de la pièce, je l'écoutais attentivement et hochais de la tête en guise de réponse. C'était vraiment dommage qu'elle ait été obligé de quitter sa meute, et même si je pouvais envier cette situation, j'étais néanmoins prêt à garder le silence sur le sujet. Quitte à devoir mentir à l'alpha, Mandranir. C'est ce qui s'appelait vouloir faire bonne impression...

Soupirant, je me laissais aller au fond de la chaise et fermais brièvement les yeux avant de les rouvrir aux paroles de la louve. Immobile, et hésitant, je la regardais faire un petit moment, puis me levais finalement, prêt à aller m'étaler dans mon hamac, quand son dernier murmure me parvint. Je me figeais alors, me retournant lentement, puis soupirais avant de venir vers elle. J'avais peut être besoin de sa compagnie ce soir... Mais probablement était ce son propre cas. Je me penchais pour attraper ses doigts et la relever, lui offrant un léger sourire au passage.

«Si tu pense que je vais te laisser passer la nuit assise sur le sol, tu te fourre le doigt dans l’œil... Bouge pas, je reviens.»

Je me dirigeais alors vers la seconde pièce et n'en revenais que quelques secondes après pour tendre l'une de mes tuniques à Sélénia.

«Enfile déjà ça.»

Faisant à nouveau demi tour, j'allais jeter un coup d’œil au petit dernier qui s'agitait doucement dans ce qui lui servait de berceau. L'heure du repas n'était pas arrivé, et visiblement, il s'était simplement réveillé. Ce qui n'était pas étonnant avec tout le boucan... Je soupirais, et souriais une dernière fois aux trois autres qui s'étaient blottis sur leur couchette avant de retourner vers la louve.

«Désolé, je jetais juste un coup d’œil. Faut que je fasse attention au dernier...»

Je grimaçais.

«Je pensais pas qu'on pouvait manger autant, et aussi souvent en étant aussi petit...»

Puis soupirant, je la tirais lentement jusqu'au hamac qui trônait dans un coin de la pièce, m'y laissant tomber sans pour autant lâcher les doigts de la guerrière.

«Tu vas bien me faire l'honneur de t'allonger et de passer la nuit avec moi...?»



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Sélénia Gilian

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Lun 2 Nov - 21:38

Contre toute attente la grande main de Derek vint attraper la sienne pour la relever. Elle ne dormirait pas par terre ? Mais où alors ? Son regard fit le tour de la pièce sans trouver de coin approprié. Lorsqu’il revint la louve posa la cape qui la couvrait sur le dossier de la chaise pour enfiler la tunique. Le vêtement était ample, très ample pour elle, et assez long pour lui servir de robe courte. Lorsque le demi loup s’éloigna elle l’observa curieuse et à ses mots le rejoignit. Un large sourire fendit le visage de la jeune femme en apercevant le tout petit enfant qui gigotait dans son berceau. Du bout du doigt elle vint toucher la minuscule main potelée.

- Il est tout petit !

Puis en le regardant elle ajouta.

- Si j’avais su que je te verrais un jour à la tête de toute une petite famille…

C’est vrai qu’il était assez étrange, dans le bon sens du terme, de le voir s’occuper d’enfants. Il avait visiblement sauvé ceux-là en assumant toutes les contraintes qui allaient avec. C’était une action louable.

Il la tira hors de ses rêveries en l’entrainant dans le hamac, à ses mots elle eut un petit sourire.

- Mh… Si on ne se retrouve pas les fesses par terre ça me va.

C’est vrai qu’à vue d’œil le hamac ne lui inspirait qu’à moitié confiance… Il avait l’air vieux et usé bien qu’au départ il devait être bien solide. Mais puisqu’il semblait y dormir tous les jours, ça aurait vraiment été un coup de malchance qu’il décide de céder le soir où elle était là.

- J’en connais un qui en temps normal t’aurais fait la peau pour avoir essayé de passer le nuit avec moi.

En effet Mandranir était plutôt le genre « papa poule » et ne laissait pas n’importe qui approcher sa fille. Autant dire que s’il avait trouvé un homme dans la chambre de cette dernière, il aurait passé un sale quart d’heure. Mais au vu des circonstances tout était bien différent.

La jeune femme sans lâcher la main de son ami vint se glisser dans le hamac. La toile ne lui permettait pas de se caler contre lui sans être mal installée, alors quitte à être l’un sur l’autre elle passa ses jambes par-dessus celles de l’hybride. Tirant un peu sur la tunique pour cacher une partie de ses cuisses elle vint appuyer son buste contre le torse de Derek, son visage trouvant sa place dans le creux de son épaule. Le tissu qui la recouvrait n’était pas assez épais pour l’empêcher de sentir la chaleur qui émanait de son compagnon, heureusement. Attrapant la main de Derek du côté de son dos elle la plaça juste sous sa poitrine, avant de placer l’autre dans le creux de ses reins. Ainsi entourée de ses bras, au chaud contre lui, la louve se sentait apaisée, en sécurité. C’était amusant de voir qu’elle trouvait sa place dans ses bras comme si elle avait été faite pour s’y trouver.

Sans vraiment s’en rendre compte son nez glissa le long de la gorge du demi-loup, profitant de son odeur, remontant vers son oreille pour redescendre vers son épaule. Là ses lèvres se posèrent sur sa peau avant qu’elle ne commence à le mordiller. Bien qu’elle ait repris ses esprits, Sélénia ne réfléchissait pas trop à ce qu’elle faisait. Quelques minutes après son visage s’écarta de l’épaule où trônait une marque rouge, signe que la peau avait été tendrement malmenée. Les yeux gris s’arrondirent de surprise alors qu’une légère rougeur apparaissait sur ses joues.

- Ah désolé ! Je… J’ai pas fait attention ! Tu… tu as une marque sur l’épaule maintenant…

L’embarras de la jeune femme lui donnait un air adorable qui tranchait avec la louve sauvage qu’il avait vu un peu plus tôt. Son regard se posa sur le visage de Derek, glissant lentement vers ses lèvres qu’elle fixa avant de s’en approcher. L’embrassant à nouveau, timidement au début puis avec plus d’assurance. Goutant et regoutant ses lèvres comme pour en mémoriser parfaitement le goût, la texture, la forme… Comme si la guerre qui grondait la poussait à se dévoiler sans craintes. En temps de paix probablement que la demoiselle des loups aurait davantage hésité à ouvrir son cœur. Mais lorsqu’on ne sait pas de quoi demain sera fait il faut profiter de l’instant présent sans penser au potentiel rejet qui arrivera après. Car s’il faut partir autant que ce soit sans regrets.



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Derek Curtis

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Mar 17 Nov - 11:33

Je souriais en entendant la réplique de la louve. Si il était vrai désormais que j'utilisais ce hamac depuis quelques années maintenant, il l'était également qu'il était encore parfaitement solide malgré l'apparence usé qu'il avait. Sans doute parce que j'avais tendance à beaucoup trop remuer dans la nuit. Du moins, avant la guerre. Parce qu'aujourd'hui, j'étais tellement épuisé que généralement, quand je m'endormais, c'était comme une masse. Et parfois aux heures les moins propices.

«Il tiendra encore. Au moins pour cette nuit.»

A sa seconde réplique, je ne disais rien cependant. J'avais bien compris qu'elle parlait de Mandranir l'alpha, celui qui n'était autre que son père. Et a vrai dire, je me doutais parfaitement bien du sort qui m'aurait attendu si le contexte de ma proposition s'était avéré différent. Tous le monde, ou presque, dans le Royaume d'Andarésia connaissait sa réputation. Grand, fort, courage, et... Un brin... Trop protecteur. Soupirant, j'allais m'étaler sur le hamac, et tirant un peu sur les doigts de Sélénia, je l'attirais doucement jusqu'à moi. Tout en la laissant s'installer convenablement pour passer une nuit confortable, je laissais un sourire étirer mes lèvres, et me laissais guider par ses doigts, glissant les miens là où elle le désirait sans rechigner.

Installé aussi bien que possible, je fermais lentement les yeux en souriant, mon sourire s'élargissant petit à petit alors que je sentais le nez de ma compagne se frayer un chemin le long de mon cou avant de redescendre sagement sur mon épaule. En y sentant son souffle, je rouvrais les paupières, et baissais autant que je le pouvais le regard sur elle pour tenter d'apercevoir ce qu'elle était en train de faire. Haussant un sourcil, je comprenais enfin alors que doucement ma peau me tiraillait sous le passage de ses lèvres. Bien que je ne m'attendais à ce genre de chose de sa part, je la laissais continuer sagement, la suivant du regard alors qu'elle se redressait, et qu'une légère teinte rosée colorait son visage.

«Ca va, c'est rien. Comme ça, j'aurais encore un souvenir de toi, demain.»

Effleurant sa joue du bout des doigts, je laissais mon regard vagabonder sur ses traits. Et alors qu'elle s'approchait doucement, j'entrouvrais les lèvres, prêt à répondre à son baiser, baiser qui ne tarda pas. Pressant lentement mes lèvres contre les siennes, je fermais brièvement les yeux, l'espace de quelques secondes, avant de les rouvrir, puis de nouveau clore les paupières tandis que nous échangions d'autres baisers. D'abord doucement, délicatement... Puis un peu plus assurément. La guerre qui menaçait dehors nous poussait à nous dévoiler davantage encore qu'en temps de paix. Glissant mes doigts entre les mèches de cheveux de la louve, je soupirais contre ses lèvres alors que ma langue venait percer la barrière des siennes, approfondissant alors le baiser, comme pour mieux profiter encore de l'instant présent.

Puis quand enfin nos lèvres se quittèrent, je plongeais mon regard directement dans le sien, effleurant son visage du bout des doigts alors que mon regard détaillait ses traits, afin d'en mémoriser la moindre trace.

«Je sais que c'est difficile, surtout à notre époque, mais... Promets moi de ne pas te mettre inutilement en danger. De faire attention. Je sais que Sîn est sans doute le mieux placé pour prendre la tête de la résistance, mais je tiens à ce que Sélénia me revienne en vie, quand tout sera finis.»

Déposant un baiser sur son front, je soupirais et commençais à lentement caresser son dos, mes doigts glissant de bas en haut sur sa peau, encore couverte du tissus de la tunique que je lui avais prêté.

«Et maintenant, on devrait se reposer. Demain sera une dure journée.»



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Sélénia Gilian

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Dim 20 Déc - 22:29

Quand la guerre a commencé...

Un souvenir d’elle ? A ses mots la louve eut un air légèrement triste. Si seulement elle avait pu lui en laisser davantage de souvenirs… Peut-être que cette guerre aurait raison d’elle et que ce serait la dernière chose qu’il verrait d’elle. Ses baisers hésitants au début se firent rapidement bien plus franc. Elle profitait de ses lèvres comme si c’était la dernière fois. Des sentiments contradictoires se mêlaient en elle, l’envie, la frustration, et la rage. Une colère sourde de voir ses sentiments partagés et que la guerre puisse tout gâcher. La tristesse laissa place à la rage de vivre. Lorsqu’il rompit leur baiser, la louve plongea son regard magnétique dans le sien, un regard brûlant. Fermant les yeux pour appuyer sa joue dans sa main elle sourit un peu à ses mots.

- Je ne peux pas te promettre ça. Je n’ai jamais su éviter le danger… Mais je te promets de sauver ma peau à chaque fois. Et si j’échoue ce ne sera pas avant d’avoir coulé leur armée et de leur avoir montré que ces terres sont les nôtres.

Doucement la jeune femme vint se blottir contre le torse ferme de son compagnon.

- Gare à toi s’il t’arrive quelque chose…

Plus que sa propre vie celle de ses proches lui était plus précieuse que tout le reste. Le sommeil l’emporta bien trop vite. Si seulement cette nuit avait pu ne jamais finir.

Au petit matin Sélénia se leva sans bruit. Embrassant doucement son amour endormi. Observant une dernière fois son visage pour en graver le moindre détail dans sa mémoire. Elle allait sortir quand une petite main attrapa sa cape. La fillette s’était réveillée.

- Tu t’en vas ?

S’accroupissant à sa hauteur la demoiselle posa sa main sur sa tête.

- La résistance a besoin de Sîn et ses hommes…

Les yeux de la fillette s’arrondirent au nom du rebelle. Dans les quartiers où elle avait vécu on connaissait bien celui qui défendait le peuple.

- Tu es…

Posant un doigt sur ses lèvres la louve lui sourit.

- Tu n’as rien vu et rien entendu. Tu as une grande mission aussi. Tu dois veiller sur tes frères d’accord ? Fais attention à toi.

Dans les lueurs pâles du petit matin elle disparut.

Une silhouette encapuchonnée frappa à quelques portes. La rumeur se répandit vite, le réseau des rebelles était bien fait. Comme une trainée de poudre l’information arriva aux oreilles des alliés de Sîn. Plus tard un hurlement se fit entendre. Au Loup Edenté certains relevèrent la tête, se regardant en hésitant. Cette voix ils la connaissaient tous, mais cet appel… C’était l’appel de l’alpha. Des regards se posèrent sur Mandranir qui avait entendu aussi. Et il devait bien se résigner à la laisser faire, en tant que père il la connaissait, il savait que rien ne l’arrêterait. Des hommes se levèrent, l’un d’eux s’approcha de Mandranir.

- On veillera sur elle c’est promis.

Le soir alors que le soleil déclinait tous se retrouvèrent dans une clairière. Les silhouettes encapuchonnées d’un côté, les anciens membres de la meute de Mandranir qui avait changé d’allégeance de l’autre. Les deux camps ne comprenaient pas la présence de l’autre, chacun attendant son meneur respectif. Enfin elle s’approcha. Tous reconnurent Sîn, puis quand la capuche tomba ce fut la stupéfaction générale. Une seule et même personne. Des murmures se firent entendre, certains semblaient vouloir repartir. Mais une voix familière s’éleva.

- Merci d’avoir répondu à mon appel. Je comprends votre surprise, certains hésitent à suivre une petite fille alors qu’ils ont toujours suivi le père. D’autres pensaient suivre un rebelle et se retrouve devant une demoiselle. Sélénia et Sîn n’ont toujours fait qu’un et je suis sûre que vous comprenez tous pourquoi j’ai dû utiliser ce masque…

Les raisons paraissaient plus qu’évidentes, éviter de causer des soucis à son père, éviter les soupçons de ce dernier, échapper aux autorités. La fille de l’alpha était bien trop connue.

- Mais il n’est plus question de savoir qui suivre. Il est temps d’oublier les querelles stupides pour se focaliser sur notre véritable ennemi. Ceux qui brûlent nos villages, tues nos enfants et violent les femmes, nos femmes, nos sœurs, nos amies. Ceux qui s’approprient nos terres, celles de nos ancêtres qui nous reviennent de droit ! Il est temps de montrer à l’armée noire que le peuple d’Andarésia ne compte pas les laisser faire un pas de plus ici ! Je préfère crever libre que de vivre esclave ! Je sais que beaucoup ont vécu le même enfer que moi. Prêtez-moi vos forces, il est temps d’unir la résistance !

Un silence se fit dans la foule, puis des poings serrés se levèrent avec des cris d’approbation, un à un, puis tous ensemble. Le feu qui brûlait dans le regard de la jeune louve était communicatif, et sa rage de vivre galvanisait la foule. C’est ainsi que les premiers hommes de son groupe commencèrent à la suivre comme leader. Rapidement les petits groupes de résistance furent contactés pour organiser une résistance unique sur le territoire est. Plus nombreux, plus organisés, plus efficaces.



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Derek Curtis

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MessageSujet: Re: Quand la guerre a commencé... | Feat Sélénia Gilian   Lun 4 Jan - 14:58

Refermant mes bras autour de la louve, je soupirais et la serrais tendrement contre moi. Évidemment qu'elle ne pouvait me promettre cela... La guerre avait franchis nos frontières, et il suffisait de mettre un pieds en dehors pour se faire tuer. Un unique mot, une simple phrase pouvait signer votre arrêt de mort. Le danger de perdre la vie était déjà grand en ces temps troublés, mais pour ceux et celles qui s'apprêtaient a rejoindre la résistance, il était plus présent encore. Je connaissais Sélénia, et son désir de justice, son envie de vengeance, et son besoin de protéger les plus démunis. Son caractère était ce qui faisait d'elle un grand meneur... Andarésia avait plus que besoin d'elle. Je ne pouvais pas priver le pays d'un héros. Je n'aurais donc pas le choix... Il me faudrait me ronger les sangs.

Un gros soupire m'échappa alors que je baissais le regard sur elle, détaillant longuement les traits de son visage tout en continuant de caresser son dos avec une lenteur exagéré. J'avais décidé de profiter du peu de temps qu'il nous restait. Demain, Sélénia s'en irait, laissant place à la terrible louve qu'elle avait toujours été. Et alors il me faudrait attendre la fin de la guerre pour pouvoir la serrer à nouveau contre moi.

ϿϾ

«...rek! Derek...! Derek, Jellal pleure!»

Je grommelais un peu, encore plongé dans le sommeil, et entrouvrais finalement les yeux sur le plafond décrépis de la baraque dans laquelle je vivais. Je venais de rêver... Le retour à la réalité était dur. La louve avait déjà depuis longtemps quittée mes bras. Sûrement avait-elle quitté les lieux bien avant le levé du soleil, par crainte des Adieux. Je ne lui en voulais pas. J'aurais simplement préféré profiter plus longuement de sa présence. Tout en cachant mes sentiments aux gamins, je poussais un soupire et me redressais en grimaçant un peu avant de me diriger vers le berceau du bambin qui s'agitait en poussant de petits cris. Je le récupérais alors et tout en cherchant à l'apaiser en le bercant, j'allais attraper de quoi le nourrir, et me posais sur l'une des seules chaises que contenait la pièce.

Le restant de la journée se déroula somme toute de façon normale depuis que Zila et ses frères avaient élus domicile à la forge. Je passais mon temps entre nourrir le petit, changer ses langes, ou m'occuper des plus grands. Torak et sa sœur étaient les deux seuls a qui j'avais offert un petit poignard. Je leur répétais bien tous les jours qu'il ne s'agissait pas d'un jouet, et qu'il ne faudrait les utiliser qu'en cas d'extrême besoin. Si j'étais certain que l’aîné ferait bien attention, la seule fille du groupe, elle, me laissait un peu plus perplexe. Je pris également le temps de leur apprendre quelques mouvements rudimentaire, au cas où, et finalement les faisais se coucher très tôt.

J'avais entendu dire qu'un convoi débarquait ce soir, et je ne comptais pas rater cette occasion. Je terminais donc de préparer les affaires dont auraient besoin les enfants, fourrant le tout dans de petits baluchons. Lorsque l'heure fut enfin venue, je les réveillais lentement, les tirant calmement des bras de Morphée. Je les aidais à se préparer correctement, leur enfilant des vêtements un peu plus chaud que la normale, leur précisant ensuite que les capes de fourrures que j'avais retrouvés pour eux étaient chacun dans leur sac. J'emmaillotais finalement le petit dernier puis jetais un coup d'oeil à l'extérieur pour m'assurer que tout était calme. Alors discrètement j’entraînais le petit groupe jusqu'à l'orée de la forêt, m'y enfoncant en reniflant régulièrement l'air. Nous n'étions pas suivis, et les résistants étaient proches.

En débouchant dans la clairière, mon regard capta aussitôt ceux des autres qui avaient décidés de prendre la fuite eux aussi. Il y avait aussi bien des femmes que des hommes, des personnes plus âgés, et surtout des enfants. Je remarquais alors l'une de mes voisines non loin de là, et me dirigeais vers elle. La dernière fois que l'on s'était croisé, je lui avais demandé de veiller sur les gamins que j'avais récupérés, au moins le temps du voyage. Je glissais alors le petit dernier dans ses bras en lui expliquant qu'il y avait de quoi le nourrir pour les trois jours à suivre, puis venait m'accroupir face aux trois autres, ébouriffant les cheveux de Nemeroff au passage.

«Tu seras sage, d'accord...? Et tu obéis à ton frère. Ne fais pas de bêtises, et ne pleure pas.» je souriais en le voyant acquiescer sagement à mes dires, les yeux tout de même humide, puis me tournais vers Zila «N'oublie pas que ce que je t'ai offert, ce n'est pas pour jouer... Tu pourrais te faire mal sans le vouloir.» et enfin, je baissais le regard sur Torak qui, tentant de se montrer brave, avait la tête haute, et une expression plutôt méconnaissable sur le visage «Veille bien sur tes frères et ta sœur. Montre toi brave. Je sais que tu peux le faire.» avant de finalement me redresser, leur offrant un petit sourire «Je viendrais vous chercher lorsque la guerre sera terminée.»

En attendant que le convoi arrive jusqu'à nous, je me tournais ensuite vers la jeune femme qui avait acceptée de s'occuper d'eux pour lui donner quelques dernières indications. Et lorsque enfin la carriole s’avança, j'aidais les trois gamins à y grimper, et leur faisais un rapide petit signe de la main en les voyant s'éloigner vers le Nord. Je soupirais alors, jetant un coup d'oeil circulaire dans la clairière, puis tournais les talons et reprenais silencieusement la direction de la forge. Maintenant que je n'avais plus a m'occuper des enfants, j'allais pouvoir moi aussi me concentrer sur la guerre qui frappait à nos portes.

Je récupérais donc quelques affaires chez moi, dont deux ou trois petits gadgets de mon invention ainsi qu'une arme lourde, et d'autres plus légères et discrètes. Je ne comptais pas rejoindre la résistance. J'avais plutôt l'intention de lutter de mon côté. Et pour cela, j'avais la meilleure chose qui soit. J'avais récemment fait l'acquisition d'une tenue de l'envers, au tissus souple, sombre et résistant. L'un de mes derniers clients avant les conflits s'était avéré être un marcheur, et voilà ce qu'il avait ramené de l'autre dimension. Il m'en avait fait cadeau en tant que paiement. Et il était temps que je l'utilise. J'enfilais les vêtements sans plus tarder, remontant le tissus pour couvrir la partie inférieure de mon visage puis m'éclipsais aussitôt. Les cheveux coupés, et ainsi vêtu, j'étais méconnaissable.

Je me pressais vers les bois. Sachant qu'il me restait probablement deux ou trois petites heures avant le levé du soleil, je n'avais pas davantage de temps pour me mettre hors de portée de ses rayons et des lances des armées noires.



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